Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, le projet de loi de finances qui nous est soumis met l'accent sur la réduction des niches fiscales, corollaires d'impôts élevés, plutôt que sur la diminution des dépenses publiques : c'est son seul défaut. Mais ce projet de budget nous engage dans un combat contre les déficits publics d'autant plus légitime qu'il est partagé par l'ensemble des pays comme par l'ensemble des forces politiques raisonnables du monde occidental. À ce titre, les positions du parti socialiste français apparaissent vraiment aussi solitaires qu'anachroniques, quand elles ne relèvent pas du conte de fée.
Retrouver l'équilibre de nos comptes publics n'est pas se soumettre à une logique de marché mais à une logique de bon sens : il s'agit de ne pas vivre au-dessus de ses moyens. Cela dit, une partie de notre endettement était justifiée et le Gouvernement a eu parfaitement raison de vouloir contenir la crise de 2008 en préparant l'avenir à travers le grand emprunt de 35 milliards d'euros, en garantissant notre système bancaire et en facilitant l'investissement des collectivités locales par le remboursement anticipé de la TVA.
L'enjeu de la réduction des déficits publics, c'est aussi celui de notre souveraineté politique et sociale. L'exemple de la Grèce, tenue pieds et poings liés par le FMI et la Commission européenne, dégradée par les agences de notation, aurait dû faire mûrir les socialistes.