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Intervention de Marie-George Buffet

Réunion du 5 novembre 2010 à 9h30
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2011 à 2014 projet de loi de finances pour 2011 — Sport jeunesse et vie associative

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarie-George Buffet :

…pour développer le sport pour tous ou l'éthique sportive, ou assurer le droit à la retraite des sportifs de haut niveau. Vous n'avez pas fait ce choix. Ces 26 millions étaient considérés comme une dépense nécessaire lorsqu'il s'agissait de faire un cadeau aux clubs professionnels. Pour le budget du sport, c'est trop. Ce n'est pas sérieux.

Si le sport est un droit, comment peut-on continuer à démembrer ce ministère à coup de RGPP, avec le démantèlement de ses services déconcentrés, qui étaient pourtant un lien efficace avec les associations, l'éducation populaire de jeunesse et les clubs sportifs locaux, et qui étaient le lieu de rencontre entre l'État et les collectivités territoriales ? Comment peut-on continuer à assurer ce droit en fermant des établissements comme les CREPS, hauts lieux de formation ?

Si, peu à peu, vous réduisez le secrétariat d'État à une commission du sport du haut niveau, qui sera en charge du service public du sport ?

Les collectivités territoriales l'on assumé jusqu'à présent mais, avec le gel de leurs dotations et la suppression de la taxe professionnelle, leurs actions sont limitées par votre réforme des collectivités. Devant l'émotion du mouvement sportif, vous avez rétabli une compétence partagée pour le sport, mais vous la rendez virtuelle en empêchant les financements croisés. Quelle duperie !

Dans ces conditions, bien des équipements tels que le centre aquatique d'Aubervilliers ne verront jamais le jour. C'est pourtant à partir de tels équipements que naît l'envie pour les enfants et les jeunes de commencer une pratique sportive.

Qui va assurer le service public ? Le mouvement sportif le fait avec la passion et la compétence de ses bénévoles et de ses éducateurs, mais il a besoin, pour développer ses missions de service public, d'un véritable partenaire, un État qui, par l'encadrement législatif et les moyens financiers, lui garantisse l'indépendance et les conditions de son développement, lui permette d'assurer son rôle éducatif, son rôle de formateur.

Ce partenariat entre l'État et le mouvement sportif qui a fondé le modèle sportif français a fait ses preuves. Les bons résultats de nos équipes nationales – j'ai une pensée pour l'athlétisme ou la natation et j'espère que, dans les jours prochains, l'escrime en aura aussi –, notre place aux Jeux olympiques comme le nombre de licenciés en témoignent. Il faut le moderniser, envisager certainement de travailler à une nouvelle gouvernance, mais il ne faut pas le briser.

Si le sport est un droit, peut-on compter sur les financiers pour l'assurer ? Ceux-ci veulent le retour par l'image de leur investissement. Ce n'est pas le geste sportif qui les motive en priorité, mais les retours financiers, ce qui est normal dans leur logique. Lagardère a expliqué dans une interview qu'il faisait du business, pas du mécénat.

Ils sont à un tel point de désintérêt sportif que, pour garantir leurs investissements, ils exigent d'encadrer l'aléa sportif ou encore de passer de la culture de club à une culture de l'entreprise du spectacle sportif. Les amendements et autres cavaliers Aulas que nous voyons depuis 2002 – cotation en bourse, agents sportifs, grands stades, paris en lignes – témoignent de la soumission de votre majorité à leurs desideratas, mais ces accommodements ne font pas une politique sportive.

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