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Intervention de Jean Lassalle

Réunion du 7 janvier 2009 à 21h30
Projet de loi de finances rectificative pour 2009 — Discussion générale commune

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean Lassalle :

Madame la présidente, je vous remercie d'avoir bien voulu me donner la parole alors que je n'étais pas inscrit. Cela prouve que l'on peut parler à toute heure à l'Assemblée.

Lorsque je vois tous les experts se pencher sur la crise comme s'ils l'avaient prévue depuis très longtemps, cela me rappelle les vulcanologues qui expliquaient, il y a vingt ou trente ans, au lendemain de tremblements de terre ou de grands séismes, pourquoi c'était inévitable. Cela me rappelle également tous ces généraux à la retraite qui commentaient en direct les avancées américaines sur le sol irakien. Nous sommes tous très forts pour dire ce qui va se passer une fois que c'est arrivé.

Très modestement, dans l'ouvrage que j'ai publié l'an dernier et dont je vais devoir écrire un deuxième épisode, j'avais expliqué que, depuis la chute du mur de Berlin – je crois que tout a commencé à ce moment-là –, notre société s'est petit à petit transformée. On a réussi à y croiser le capitalisme américain, féroce et nécrophage, avec la technocratie soviétique. Voilà ce que nous avons réussi à faire.

Le capitalisme a pris un mauvais coup, sans être pour autant fatal. Nous pouvons nous interroger sur le fait que, tout en étant les pays les plus riches de la planète, nous sommes pourtant les plus endettés. C'est la preuve que, depuis une trentaine d'années, nous avons laissé les choses aller à la dérive. L'argent a été disséminé un peu partout sauf là où il aurait dû être injecté. C'est la faute de tout le monde et de personne. Inutile de vouloir donner des leçons !

Dans ces conditions, monsieur le ministre, je ne vois pas de raisons particulières de critiquer votre plan de relance. Vous faites de votre mieux et vous n'avez oublié aucun secteur, si ce n'est la consommation. L'argent affecté à la consommation des familles n'aurait pas été de trop car il aurait été immédiatement réinjecté dans l'économie et aurait rendu service à des salariés disposant de revenus très bas.

Vous aurez du mal à atteindre les campagnes car, dans ces territoires très vastes, les dossiers concernant les infrastructures sont restés lettre morte. À la technocratie soviétique féroce, qui n'est pas touchée et qui sévit toujours au sommet de l'État comme à Bruxelles, et dans le monde entier, est venue s'ajouter la mafia verte (Murmures sur les bancs du groupe SRC), laquelle fait excellent ménage avec la technocratie, je puis vous l'assurer ! Nous avons, il n'y a pas longtemps, vu l'un de ses parrains, le dénommé Nicolas Hulot, présenter une émission à succès. Je peux vous garantir que son réchauffement de la planète commence singulièrement à me refroidir !

Toutes les crises peuvent être utiles, comme le disait le Président de la République, à condition de prendre conscience des réalités. L'argent n'est plus aujourd'hui entre les mains de ceux qui devraient, au nom du peuple, pouvoir l'orienter. La force d'impulsion que devraient avoir les assemblées et les gouvernements issus du suffrage universel, n'est plus entre les mains de ceux qui ont été élus, mais de ceux qui se sont autoproclamés ! Malheureusement, les grands courants de pensée qui traversent aujourd'hui le monde, sans aucun contrôle d'expertise, font avaler n'importe quelle pilule à nos concitoyens, qui n'y comprennent plus rien.

Le programme qui nous est proposé prévoit ce qu'il peut dans tous les domaines, mais le mal est profond. S'il nous permettait de prendre conscience de la gravité du fléau qui s'est abattu sur nous, ce serait un moindre mal. Je vous invite donc à consacrer un peu de temps à méditer mes modestes propos. Peut-être vous rendrez-vous compte, alors, que les solutions peuvent exister ailleurs.

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