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Intervention de Jean-Marie Le Guen

Réunion du 1er décembre 2008 à 16h00
Nomination des présidents des sociétés de l'audiovisuel public — Article 2

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Marie Le Guen :

Je ne peux pas totalement vous donner tort, monsieur Herbillon : vous avez raison de dire que notre opposition à ce texte est foncière. Tout le monde sait très bien en effet, c'est un secret de Polichinelle, qu'il ne restera pratiquement rien de l'audiovisuel public après son adoption.

On pourra certes y trouver certes une ou deux bonnes intentions, mais elles ne reposent sur aucun modèle économique viable ; quoi qu'il arrive, vous allez totalement casser l'outil. Vous êtes des législateurs responsables,² vous savez très bien que, compte tenu les circonstances économiques et sociales, l'idée de faire reposer le budget de l'audiovisuel public sur un financement budgétaire est totalement déraisonnable. Vous aurez beau nous jurer vos grands dieux que vous donnerez les moyens financiers nécessaires, des centaines de millions d'euros, au service public audiovisuel, personne ne vous croira une seconde, et vous-mêmes pas davantage : cela revient quelque part à défier les lois de la physique budgétaire. Ce n'est donc pas crédible.

À partir de là, la lecture des éléments que vous nous proposez dans ce texte est totalement transformée. Si vous aviez un business model – pour reprendre des termes proches de vos référents culturels – crédible, nous pourrions penser avec vous à telle ou telle forme de management plus ou moins opérationnelle ; mais, dans l'état actuel des choses, on ne voit que de l'agitation, qui vise en fait à cacher la misère prochaine de l'audiovisuel public.

J'en viens à l'article 2, qui concerne l'audiovisuel international.

Je veux d'abord donner acte du combat mené par des parlementaires de tous les bancs, mais notamment par vous ces dernières années, quand vous vous éleviez contre des propos peu crédibles. Ce n'est pas la première fois en effet qu'en matière d'audiovisuel, on entend des Présidents de la République tenir des propos déraisonnables. Vous le premier, vous saviez que le modèle proposé précédemment en matière d'audiovisuel extérieur n'était pas crédible : de fait, il ne s'est pas réalisé. Je vous en donne acte mais je ne peux pas exonérer la majorité que vous représentez. Quelque part, nous sommes en train d'effacer ce qu'avait engagé la majorité précédente. C'est pourquoi, si votre bonne foi est certaine, crédibilité de la démarche de la majorité est, elle, beaucoup moins évidente.

Je ne reprendrai pas ce qui a été dit excellemment par mes collègues, à savoir que l'on sent derrière ce projet la volonté de tout reprendre en main. Les Français de l'étranger, c'est très important, mes chers collègues, puisqu'ils vont être amenés à siéger sur nos bancs, et l'on sent une préoccupation certaine.

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