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Intervention de Claudie Haigneré

Réunion du 15 février 2012 à 17h00
Délégation aux droits des femmes et l’égalité des chances entre les hommes et les femmes

Claudie Haigneré, présidente d'Universcience, astronaute et ancienne ministre :

Je citerai enfin l'étude réalisée en octobre 2010 par le cabinet McKinsey.

Il faut présenter aux élèves une image plus attractive des sciences et des techniques. Comment pourraient-ils envisager une carrière scientifique alors qu'ils ne connaissent pas le métier d'ingénieur ? Il faut que des femmes viennent leur présenter les métiers de chercheur et d'ingénieur en aéronautique. Bientôt se tiendra la « semaine des mathématiques » au Palais de la Découverte, organisée par l'Éducation nationale, autour de la thématique « Les filles et les mathématiques ». De jeunes mathématiciennes présenteront leur parcours aux élèves, au cours de différentes séances de speed dating.

Dans un récent sondage, réalisé auprès de 30 000 jeunes femmes, le site Qapa observe le décalage entre le niveau d'étude et l'ambition professionnelle des filles. On voit que 85 % d'entre elles sont titulaires d'un diplôme au moins équivalent au baccalauréat et que 63 % ont un niveau bac + 2 ; pourtant, elles investissent massivement leurs compétences dans le secrétariat, le marketing et la communication, et très peu occupent des postes d'encadrement et de direction.

À l'autocensure et à l'intériorisation des modèles s'ajoute le fait que les jeunes filles ont l'impression qu'elles ont plus à prouver que les garçons.

J'ajoute que les modèles d'organisation du travail sont peu adaptés. Je reste toujours très surprise lorsque j'entends dire que les entreprises d'informatique, elles-mêmes, ne sont guère organisées pour faciliter le télétravail et qu'elles tiennent encore des réunions de direction à 19 heures.

Avant l'adoption de la législation sur la parité dans les entreprises du CAC 40, je participais à deux conseils d'administration. Étant l'unique femme, je ressentais le poids de la rareté. Aujourd'hui, nous sommes trois : nous sommes écoutées, nous pouvons échanger nos sentiments et le regard des hommes n'est plus le même. Et surtout, je ne suis plus la femme alibi. Car, bien qu'ayant les compétences requises pour faire partie du conseil d'administration – en tant que médecin comme en tant qu'ancien ministre chargé des nouvelles technologies –, certaines femmes considéraient que ma présence n'était due qu'au fait que j'étais une femme !

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