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Intervention de Didier Houssin

Réunion du 10 juin 2010 à 9h00
Commission d'enquête sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne de vaccination contre la grippe a

Didier Houssin, directeur général de la santé au ministère de la santé et des sports :

Un effort a été fait en direction des populations défavorisées, notamment sans domicile fixe, afin qu'elles puissent accéder, sans bon, à la vaccination. Des instructions ont été données et des équipes mobiles ont été créées. Il n'en reste pas moins que la couverture des quartiers défavorisés a été deux fois plus faible que celle des autres quartiers, ce qui pose le problème général de l'inégalité d'accès non seulement aux soins, mais également à la prévention, que nous avons déjà constaté dans le domaine sanitaire à de nombreuses occasions. Cette inégalité peut provenir d'un manque d'information ou de compréhension, notamment en raison de l'emploi d'un langage inadéquat. Le développement d'une action de prévention qui ne creuserait pas les inégalités est un véritable enjeu pour les années à venir.

Nous avons identifié la production de quelque trois cents textes durant la période visée : votre analyse est donc exacte. Il convenait toutefois de s'adapter à l'évolution de la situation, ce qui entraînait la modification de notre message et donc l'envoi de nouvelles notes. Nous devions également réagir rapidement aux dysfonctionnements des centres de vaccination qu'un dispositif d'analyse nous permettait de déceler. On peut difficilement nous demander d'être vigilants et réactifs et nous reprocher d'avoir produit des messages correctifs.

Il n'en reste pas moins vrai que nous rencontrons des difficultés à nous adresser à certains relais, notamment aux médecins. Nous avons beau nous adresser aux syndicats, aux unions régionales des professionnels de santé ou à l'ordre, nous ne sommes pas certains que le relais se fasse. Quant aux dispositifs directs, comme DGS-urgent, ils ont leurs limites : les médecins ne sont pas en permanence en train de consulter leur ordinateur. Ce problème est lié au manque de structuration des soins de premier secours dans notre pays. Nous avons moins de difficulté pour nous adresser aux établissements de santé qui ont un dispositif de relais de l'information.

S'agissant de la cellule interministérielle de crise, nous avons eu trop tendance à considérer que la communication venait après la décision, ce que traduisait le fonctionnement de la cellule : analyse de la situation sanitaire et de ses évolutions et prise des décisions en premier lieu, la communication n'intervenant que comme la conséquence de celle-ci. Une des leçons très importantes à tirer des événements devrait nous conduire à intégrer beaucoup plus tôt la communication dans le processus de décision. Le livre de M. Dominique Wolton, Informer n'est pas communiquer est très éclairant sur ce point. Des dispositifs permettant de mesurer la perception du risque par la population ou l'état d'esprit d'un corps professionnel doivent être intégrés, comme relevant des sciences de la communication, en amont de la prise de décision comme autant d'éléments appelés à la réguler.

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