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Intervention de Arnaud Robinet

Réunion du 8 septembre 2010 à 15h00
Réforme des retraites — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaArnaud Robinet :

Les autres propositions du Gouvernement sont également exemplaires sur le plan social, avec l'ouverture de droits nouveaux pour la pénibilité – je tiens à cet égard à saluer les annonces faites ce midi par Éric Woerth et Georges Tron –, ainsi que l'élargissement du dispositif en faveur des carrières longues créé par la loi Fillon, qui a permis à près de 500 000 personnes de partir en retraite de manière anticipée.

Je veux également rappeler qu'avec ce projet, notre système de retraites bénéficiera de 4 milliards d'euros de recettes supplémentaires par an, avec notamment l'instauration d'un nouveau prélèvement sur la dernière tranche de l'impôt sur le revenu et la taxation des retraites chapeaux, que les Français avaient parfois jugées révoltantes. Face aux tensions sociales que la crise a amplifiées, le Gouvernement a eu parfaitement raison de rappeler que les efforts seront équitablement partagés.

L'équité, il en est encore question avec les mesures d'alignement des cotisations retraite des fonctionnaires. Il est temps de rompre avec les privilèges injustifiés et coûteux que l'on cache derrière le paravent de l'égalité. Je veux saluer cette mesure, monsieur Tron, qui est réclamée par l'écrasante majorité des Français, et qui en appelle bien d'autres.

Le Gouvernement ne se contente pas de faire face aux circonstances avec lucidité. Il engage, à l'occasion de cette réforme, une étape nouvelle dans le renforcement de l'équité entre les assurés et dans la prise en compte des parcours les plus difficiles. Derrière ce texte, mes chers collègues, c'est la modernisation et la rénovation de notre pacte social républicain qui se profile.

Plus globalement, je veux voir dans cette étape nouvelle une chance pour notre société d'évoluer plus sereinement, d'insuffler plus d'oxygène dans les choix individuels.

Car au lieu de voir dans le report de l'âge légal une régression sociale, j'invite mes collègues de l'opposition à rencontrer plus souvent ceux de leurs électeurs qui considèrent, comme le disait Janine Boissard, que la retraite est « la permission officielle de rouiller ». Oui, de nombreux Français veulent pouvoir continuer à travailler, à cumuler les revenus de la retraite et d'un emploi. Ces Français-là constituent une richesse. La gauche fait semblant de ne pas les voir, et elle ne les a d'ailleurs jamais défendus dans cette question des retraites.

Naturellement, l'opposition ne trouvera dans ce projet qu'injustices et mépris, préférant faire des digressions sur la fiscalité des hauts revenus alors qu'il est principalement question ici de répartition. Naturellement, la gauche accusera le Gouvernement d'être « catastrophiste » comme elle le disait déjà en 2003. On l'entendra répéter, la main sur le coeur, qu'elle abrogera le recul de l'âge légal de départ en retraite dès qu'elle aura regagné le pouvoir en 2012, ce qu'elle semble déjà croire acquis. Naturellement, l'opposition se passionnera brusquement pour la pénibilité, sujet qu'elle n'a jamais traité lorsqu'elle était aux affaires.

Je me demande simplement si le débat n'aurait pas pu être fondé sur moins d'hypocrisie et sur un diagnostic partagé, comme on avait pu l'espérer lorsque, en janvier dernier, la première secrétaire du parti socialiste a reconnu la nécessité du recul de l'âge légal. Mais sa position n'a duré que…trente-cinq heures. Les démons de la « gauche de la gauche » l'ont rattrapée.

Heureusement, les Français ne sont pas dupes. Ils se souviennent des prises de position des uns et de autres. Si elle ne défend plus les 37,5 annuités pour tous, comme en 2003, la gauche persiste pourtant dans son déni et dans son refus de dire la vérité aux Français. Sur les bancs de l'opposition, on semble persuadé, comme le disait Henri Queuille, qu' « il est urgent de ne rien faire ».

Bien sûr, les socialistes estiment qu'il suffit d'imaginer le plus grand programme de hausses d'impôts que la France ait connu depuis vingt ans pour régler le problème des retraites. Mais qu'en sera-t-il alors du financement de la dépendance et de l'assurance maladie ? Quels prélèvements nouveaux inventeront-ils quand la compétitivité des entreprises et le pouvoir d'achat des ménages auront été réduits à néant?

La vérité, mes chers collègues c'est qu'il nous faut avoir plus d'imagination pour moderniser notre système de retraite. C'est le sens que j'ai souhaité donner aux amendements que j'ai déposés, notamment sur la retraite supplémentaire. Si les Français doivent croire dans l'efficacité de la répartition, ils ont également le droit de se constituer une retraite supplémentaire.

Là encore, nos voisins européens ont avancé et nous devons poursuivre dans la levée du tabou de l'épargne retraite. Le débat entre le tout capitalisation et le tout répartition est révolu. Il doit y avoir aujourd'hui une place pour les deux voies qui sont parfaitement complémentaires.

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