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Intervention de Jacques Domergue

Réunion du 4 février 2010 à 15h00
Service civique — Article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJacques Domergue :

Nous sommes finalement très proches les uns des autres, et je suis sûr que nous allons arriver à un consensus sur ce texte. Lorsque le Président Jacques Chirac a supprimé le service militaire, j'étais parmi les partisans d'une armée de métier, et je pensais que cette suppression était une bonne chose. Mais nous n'avions pas mesuré les conséquences sociales ou professionnelles que cela aurait sur notre jeunesse. Si, depuis quinze ans, la situation s'est aggravée dans certains secteurs du pays, notamment dans les banlieues, la suppression du service militaire n'y est peut-être pas étrangère. Le fait que nous revenions aujourd'hui sur la nécessité de créer un service civique va dans le bon sens, même si nous mesurons la difficulté de la tâche.

Quels éléments importants revêtait le service militaire ? Tout d'abord, son caractère obligatoire. Nous sommes nombreux sur ces bancs à convenir qu'après une phase d'expérimentation sur la base du volontariat, il faudra peut-être aller vers un système obligatoire. Ce caractère obligatoire faisait que tous les jeunes Français passaient par ce moule indestructible, et les meilleures et les plus ferventes amitiés que l'on a gardées toute une vie se faisaient souvent au cours du service militaire.

La durée était également un élément important, car le service militaire avait un caractère de formation. Beaucoup de jeunes acquéraient une formation professionnelle, ou ne serait-ce que le permis de conduire, à cette occasion. La suppression du service militaire a de ce fait accentué le désarroi de nombreux jeunes aujourd'hui sans formation, et, pourvu que la durée en soit suffisante, le service civil pourrait combler ce manque.

Enfin, le cadre militaire constituait également un élément important. Il est évidemment hors de question de revenir aujourd'hui à un encadrement militaire. Mais la notion de rigueur, pour des jeunes qui sont souvent en perte de repères, est absolument nécessaire à l'efficacité.

Je crois que, dans une première étape, nous aurons un système basé sur le volontariat. Nous en connaissons les limites, notamment le fait que la mixité ne sera pas présente. La montée en charge progressive sera indispensable pour que le système soit viable. Si l'évaluation qui sera faite montre que le système résout des problèmes et permet à notre jeunesse de mieux s'intégrer, alors je suis convaincu qu'il faudra probablement le rendre obligatoire : c'est un facteur de cohésion sociale, et nous en avons aujourd'hui grand besoin.

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