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Intervention de Jean-Pierre Dupont

Réunion du 14 novembre 2007 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2008 — Défense

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Pierre Dupont :

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, à n'en pas douter, le budget de la défense pour 2008 est un budget de transition, cela a été rappelé à maintes reprises. Je n'y reviendrai pas, pour m'attacher au budget de l'armée de terre.

Ce dernier budget de la loi de programmation militaire 2003-2008, avec 9,2 milliards d'euros de crédits de paiement, permet à l'armée de terre de maintenir les efforts des années précédentes, en attendant les nouvelles orientations du Livre blanc. Sans atteindre encore l'objectif des 2 % du PIB, il confirme l'urgence des réformes annoncées, afin de mettre les moyens dévolus à nos soldats en adéquation avec nos ambitions. Matériels vétustes et parfois inadaptés, manque de moyens d'entraînement et d'équipements individuels, projections des unités en flux tendu, avec tous les dangers que cela peut comporter, éclatement des moyens de soutien, difficultés de fidéliser les personnels, telles sont, énumérés de façon laconique, les problématiques auxquels est confrontée l'armée de terre.

Dans ce contexte, les crédits attribués à l'armée de terre restent stables pour 2008, dès lors que les dépenses de personnels bénéficient d'un effort de revalorisation, tandis que les dépenses de fonctionnement sont – à l'inverse – fortement contraintes.

C'est probablement là que le bât blesse !

En effet, avec la diminution des crédits de vie courante et des crédits dédiés à l'entraînement, l'armée de terre a perdu, entre 2007 et 2008, l'équivalent du budget de fonctionnement de treize régiments sur 100.

Ainsi la stabilité du budget montre ici ses limites, au regard du contrat opérationnel actuel des forces terrestres.

Espérons, monsieur le ministre, que cette situation ne sera que provisoire, car l'armée de terre est avant tout une armée d'emploi tournée vers l'engagement opérationnel permanent. Aussi ne peut-elle sacrifier son cycle d'entraînement, au risque de mettre en péril le succès des missions qui lui sont confiées, voire la vie de ses hommes.

La question des matériels de l'armée de terre est, elle aussi, préoccupante, puisque, à format et à budget constants, les coûts d'entretien ou d'acquisition d'équipements plus modernes augmentent de façon exponentielle.

Le risque est double. D'une part, l'armée de terre est contrainte à segmenter ses investissements, entraînant inévitablement la rupture de sa cohérence opérationnelle. D'autre part, elle risque de subir une baisse capacitaire, la rendant ainsi provisoirement tributaire des moyens de nos alliés.

Cependant, le projet de budget pour 2008 a pris en compte ces difficultés, puisqu'il encourage les livraisons et les commandes d'équipements majeurs.

Les réformes à venir devront impérativement poursuivre ces efforts, pour que l'armée de terre soit dotée de matériels et d'équipements mieux adaptés à ses missions.

Mais, si des efforts doivent être consentis sur les matériels, il faut ne pas perdre de vue les personnels qui les servent.

Le recrutement et la fidélisation doivent également être des priorités pour le premier employeur de France – cela a été dit – : 15 000 emplois par an, quel que soit le statut ou le type de contrat signé.

La réserve opérationnelle ne doit pas non plus être oubliée, …

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