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Intervention de Michel Sapin

Réunion du 23 octobre 2008 à 9h30
Projet de loi de finances pour 2009 — Après l'article 2, amendements 135 134

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Sapin :

Nos amendements ne sont pas des amendements techniques, pas plus que les réponses que vous nous avez faites ne se résument à leur contenu technique. S'il en est ainsi, c'est que nous sommes dans un contexte économique particulier : nous sommes entrés en récession, et même à la veille d'une aggravation de cette récession. Chacun le mesure et chacun cherchera, je l'espère, à y apporter des solutions.

Nous ne sommes, à gauche, ni des obsédés de la politique de l'offre ni des obsédés de la politique de la demande. Nous plaidons pour un juste équilibre, qui ne consiste en aucun cas à ouvrir toutes les vannes budgétaires pour relancer l'ensemble de l'économie par de la dépense publique à tout va. D'aucuns ont pu céder à cette tentation en d'autres occasions, y compris à droite, mais cela n'a pas forcément porté ses fruits.

Dans ce budget, qui est l'outil économique dont disposent le Gouvernement et le Parlement pour agir sur la conjoncture économique, nous défendons donc à la fois des mesures ciblées de relance du pouvoir d'achat et des mesures ciblées d'appui à l'offre, donc aux entreprises.

La PPE est précisément l'une de ces mesures ciblées, maîtrisées et dont chacun connaît les effets. Or, non seulement vous ne voulez pas l'augmenter, monsieur le ministre, vous privant du moyen d'agir pour une relance de la demande par une mesure particulière et limitée, mais vous faites diminuer, sinon son montant, du moins son pouvoir d'achat en refusant de l'indexer sur l'inflation. C'est là que, de notre point de vue, vous commettez une erreur. Ce n'est pas seulement de l'injustice sociale envers ceux qui bénéficient de cette PPE, obérée – moins gravement heureusement que ce que vous aviez d'abord envisagé – par le financement du RSA, c'est aussi une erreur politique, dans un contexte où il est indispensable de conforter la demande en soutenant le pouvoir d'achat et la consommation des Français les plus humbles.

Très loin d'être seulement technique, le débat est donc, je le répète, politique. C'est la raison pour laquelle nous accordons beaucoup d'importance à l'adoption de notre amendement principal, qui demande une augmentation de la PPE, ou, à défaut, de notre amendement de repli, qui propose au moins le maintien de son pouvoir d'achat.

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