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Intervention de Christine Lagarde

Réunion du 17 octobre 2007 à 21h30
Projet de loi de finances pour 2008

Christine Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l'emploi :

Nous avons donc toutes les raisons d'être encourageants.

Monsieur le rapporteur général, cette prévision de 2,5 % n'est pas contradictoire à notre trajectoire pluriannuelle jusqu'en 2012, puisque l'hypothèse basse d'une croissance de 2,5 % s'appliquera à partir de 2009, quand nos réformes commenceront à faire sentir leur plein effet. (Exclamations sur les bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.) Je reviendrai sur la maturité des réformes et l'effet qu'elles peuvent avoir sur notre prévision de croissance.

Quels éléments avons-nous retenus pour élaborer cette croissance ?

Il n'est pas tout à fait anormal de prévoir une consommation dynamique qui devrait augmenter de 2,5 %. Il n'y a là aucune magie. Les économistes s'attendent à une croissance de 2,4 % à 2,5 %. Il n'est pas non plus anormal de prévoir une augmentation de l'investissement – deuxième moteur de la croissance – de l'ordre de 4,75 %. Cela n'a rien de magique quand on sait que le nombre de créations d'entreprises a augmenté de 14 % sur les douze derniers mois et que l'indicateur du climat des affaires dans les services est au plus haut depuis octobre 2006. Il n'y a rien d'anormal non plus à fonder notre prévisionnel de croissance sur une augmentation des exportations de 5,6 % quand le dernier chiffre connu faisait état d'une progression de 7,6 %. Je reviendrai dans un instant sur les conséquences que l'on peut craindre des turbulences qui ont agité les marchés financiers cet été et sur les effets sur l'économie réelle aux États-Unis et, par voie de contagion sur d'autres économies. Passer de 7,6 % à 5,6 % ne me paraît donc pas exorbitant.

M. Fabius critique également notre hypothèse de taux de change. Elle est tout simplement identique à celle retenue par tous les économistes. M. Fabius est trop bien informé pour savoir qu'un prévisionnel en matière de taux de change est là aussi un art extrêmement difficile. Il se trouve que notre prévisionnel pour 2008 relatif au taux de change euro-dollar est, au centime d'euro près, le même qu'il y a six mois. Je ne pense donc pas que les variations erratiques observées ces dernières semaines soient de nature à modifier cette hypothèse. Certains d'entre vous ont évoqué le chiffre de référence du pétrole. En l'espèce, le chiffre de référence pour la France est celui du baril du pétrole Brent de la mer du Nord, qui est aujourd'hui plus proche de 82 dollars le baril que de 88 dollars, comme l'affirmait tout à l'heure Laurent Fabius. En retenant un prix de 73 dollars, nous sommes nettement plus prudents que tous les économistes qui tablent aujourd'hui sur 66 dollars. Ces chiffres sont donc raisonnables et il n'y a pas lieu de s'inquiéter de l'audace de cette prévision.

Que n'a-t-on dit sur cette croissance ? Je retiendrai surtout les qualificatifs de Jérôme Chartier, qui me paraissaient tout à fait pertinents.

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