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Intervention de Jean-Claude Mignon

Réunion du 4 décembre 2008 à 9h30
Accord de stabilisation et d'association avec l'albanie — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Claude Mignon :

Ce désengagement est condamné unanimement par les autres pays membres de la plus vieille institution paneuropéenne. Et je puis vous assurer qu'en tant que vice-président de cette assemblée, je n'étais pas très à l'aise lors de la dernière réunion du bureau, lorsque nous avons appris cette décision. Je trouve tout à fait discourtois de la part de notre ambassadeur permanent à Strasbourg de ne pas avoir prévenu le président de la délégation française de la position du Gouvernement français. Cela m'aurait permis de réagir, avec mes collègues, pour tenter de corriger cette attitude. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP, NC et SRC.)

L'accord que nous examinons aujourd'hui concerne l'Albanie. Ce pays est particulier au sein de l'ensemble des Balkans occidentaux, notre rapporteure, qui le connaît fort bien, l'a rappelé avec beaucoup de conviction ; il est vrai que lorsqu'on a eu la chance de visiter l'Albanie on ne peut pas en parler autrement.

Il reste aujourd'hui le pays le plus défavorisé et le plus pauvre d'Europe. Les problèmes de corruption mais aussi de criminalité organisée y sont particulièrement importants. Les pratiques de justice personnelle, de type « vendetta », y sont encore fréquentes, dénotant l'absence de système judiciaire fiable et un manque de confiance des citoyens albanais dans leurs institutions. La lutte contre la criminalité organisée et contre la corruption, la garantie de la liberté des médias font partie des priorités essentielles à court terme fixées dès l'introduction par l'accord que nous nous apprêtons à ratifier.

En échange des efforts fournis par ce pays, l'Europe participe activement au financement de son développement. Ainsi, dans le cadre du programme d'aide à la pré-adhésion, ce pays recevra plus de 245 millions d'euros pour la période 2008-2010. Plus de 60 millions d'euros ont déjà été versés en 2007.

L'intégration de l'Albanie au libre-échange entre l'Union européenne et les autres pays de la région est une nécessité économique, source de développement socio-économique, et une nécessité politique majeure, étant donné les relations de ce pays avec le Kosovo. Si celui-ci a proclamé son indépendance en février 2008, suivie de sa reconnaissance, dans les jours qui ont suivi, par un certain nombre de pays européens et par les États-Unis, le statut international de l'ancienne province de Yougoslavie reste incertain.

Je regrette que nous soyons parmi les derniers États membres de l'Union à ratifier cet accord. À l'issue de notre vote, dans quelques instants, il ne restera plus que l'Allemagne, la Belgique et la Grèce à ne pas l'avoir fait. J'insiste en toute amitié auprès du Gouvernement sur la nécessité de ratifier rapidement ce type d'accord qui nous engage envers nos partenaires européens, mais surtout vis-à-vis des pays bénéficiaires. Mme Colot ne me contredira pas. Nous savons que nos amis albanais attendaient notre décision avec impatience.

Parce que l'accord de stabilisation et de coopération est un bon accord pour l'Union, qui offre à l'Albanie de vraies perspectives d'avenir dans notre maison européenne commune, le groupe UMP, dont je me fais le porte-parole, votera sa ratification. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)

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