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Intervention de Jean Gaubert

Réunion du 11 juin 2008 à 15h00
Modernisation de l'économie — Article 40, amendement 253

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean Gaubert :

Je félicite Mme la ministre pour sa cohérence.

Hier soir, par votre vote, vous avez dessaisi les Caisses d'épargne et La Poste du « privilège », entre guillemets, de la distribution du livret A. Dès lors, il paraît logique que les contraintes qui l'entouraient soient levées sauf que –nous vous l'avons dit hier soir mais vous ne nous avez pas écoutés –, cela ne sera pas sans conséquences. (Murmures sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire.) En effet les Caisses d'épargne vont ainsi se banaliser, comme cela a été le cas pour le Crédit agricole. J'en sais quelque chose, moi qui suis un vieux client de cet établissement, dont je n'ai d'ailleurs pas à me plaindre à titre personnel.

Pour avoir également un compte à la Caisse d'épargne et à La Poste, je sais comment les choses se passent, comme beaucoup d'entre vous sans doute. Des personnes viennent retirer 5 ou 10 euros, car elles n'ont pas plus sur leur compte, parfois même l'agent est obligé de leur donner 10 euros au lieu des 15 qu'elles demandent, car elles n'ont plus d'argent provisionné. Croyez-vous vraiment que de telles opérations soient rentables ?

Privée de contreparties financières, la Caisse d'épargne sera conduite à abandonner une partie de ces clients, je dirais même de ces usagers, qui n'ont pas d'autres solutions. Elle sera aussi amenée, comme La Poste, à redéployer, pour reprendre un terme que vous connaissez bien, son réseau d'agences. Pourquoi, en effet, en garderait-elle un aussi grand nombre puisqu'elle les faisait vivre, en partie, reconnaissons-le, grâce à la collecte du livret A et que l'effet de proximité ne jouera plus ?

Soyez-en certains : vous avez provoqué par votre vote d'hier soir un bouleversement dont vous n'avez peut-être pas mesuré toutes les conséquences. Mme la ministre commence, elle, à les tirer et je salue son attitude. Pour autant, vous l'avez bien compris, nous ne pouvons pas rentrer dans ce jeu-là. Nous vous laissons assumer la responsabilité de vos actes.

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