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Intervention de Pierre Gosnat

Réunion du 3 novembre 2008 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2009 — Recherche et enseignement supérieur

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPierre Gosnat :

C'est la première fois depuis quinze ans qu'est perpétrée une telle attaque contre la recherche. Ces 900 suppressions de postes concerneront pour moitié les organismes de recherche et pour moitié les universités – sans que le nombre d'enseignants chercheurs diminue officiellement – et seront réparties ainsi : 296 suppressions au CNRS, 86 à l'INRA, 59 à l'INSERM, 450 dans l'enseignement supérieur. Gardiennage, entretien ou standard : les postes visés sont de catégorie C. Pour justifier ces décisions, vous invoquez le dogme du non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite – et encore vous félicitiez-vous à l'instant que ces postes non remplacés soient moins nombreux dans les établissements relevant de votre ministère que dans le reste de la fonction publique !

Après les 13 500 postes supprimés à l'Éducation nationale, le Gouvernement, par sa politique néolibérale, s'en prend désormais à l'enseignement supérieur et à la recherche. Or, en matière d'encadrement des étudiants, la France, avec 18,1 étudiants par enseignant, fait nettement moins bien que les pays de l'OCDE, où ce taux est de 15,4 en moyenne. Faut-il en conclure que les personnels universitaires épargnés devront se débrouiller pour assurer l'intendance et les tâches dont se chargeaient leurs collègues non remplacés ? C'est pourtant aux universités qu'échoient ces tâches. Las, vous leur refusez les moyens nécessaires au motif que les métiers d'intendance ne sont pas au coeur de leur mission !

Un tel saccage de l'emploi vous permet certes de faire des économies – 45 millions d'euros environ, qui financeront le plan licence – mais il faudrait au contraire recruter davantage pour développer la recherche, améliorer l'encadrement universitaire et résorber la précarité qui accable ces secteurs. La création d'emplois est possible : les services du Premier ministre et de la présidence de la République en ont fait la preuve.

Estimez-vous donc vraiment, madame la ministre, que la suppression de ces 900 postes contribuera au renforcement de la recherche et de l'autonomie des universités françaises ? Comment celles-ci pourront-elles pallier la disparition de leurs personnels techniques ?

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