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Intervention de Benoist Apparu

Réunion du 3 novembre 2008 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2009 — Recherche et enseignement supérieur

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBenoist Apparu :

Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, après la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, nouveau point de départ pour notre enseignement supérieur, le présent budget atteste que la recherche et l'enseignement supérieur constituent aujourd'hui la première priorité du Gouvernement, avec un effort supplémentaire de 1,8 milliard d'euros, soit 6,7 % d'augmentation. Si l'on se projette sur les trois années 2009, 2010 et 2011, ce sont 17 % de crédits supplémentaires qui leur seront alloués.

Lors du débat sur la loi LRU, chacun critiquait la faiblesse des moyens de l'enseignement supérieur français en utilisant comme critère comparatif avec nos voisins étrangers la dépense par étudiant. Sur la période 2007-2011, cette dépense par étudiant va croître de 37 %. Depuis 2007, nous investissons déjà 1 000 euros supplémentaires par étudiant, 450 euros supplémentaires pour la seule année 2009. À ce rythme, nous aurons rattrapé notre retard en 2011.

Certains ne manqueront pas de chipoter, critiquer, soutenir que ce n'est pas assez ou mal orienté. Mais accordons-nous au moins sur une chose : la dépense française par étudiant, chroniquement faible et dénoncée sur tous les bancs de cet hémicycle, est en passe de rattraper son retard sur les autres nations occidentales.

Les choix budgétaires pour les années à venir sont clairs. Ils répondent à des objectifs précis.

Premièrement, renforcer l'attractivité des carrières de l'enseignement supérieur et de la recherche avec un effort inédit dédié aux personnels, qu'il s'agisse de l'augmentation des rémunérations ou de l'amélioration des carrières. Cet effort, rappelons-le, représente 1 milliard d'euros sur la période 2009-2011.

Deuxièmement, doter les universités des moyens de passer aux compétences élargies. L'accompagnement vers l'autonomie mobilise 107 millions en 2009 et plus de 500 millions à l'horizon 2011. À ce propos, qu'en est-il, madame la ministre, de la réforme du système d'allocation des moyens ?

Troisièmement, faire de la France une nation majeure de l'enseignement supérieur et rattraper notre retard par rapport à nos voisins européens et aux grandes nations occidentales. C'est tout l'objet du plan Campus, dénoncé sur certains bancs, grâce auquel nous aurons dans les prochaines années dix universités de taille mondiale, contre deux aujourd'hui.

Quatrièmement, poursuivre les chantiers initiés en 2008 et favoriser la réussite et la vie des étudiants. En 2012, le taux d'échec en première année devra être divisé par deux et 50 % d'une classe d'âge devra atteindre le niveau licence. Ce budget poursuit et amplifie le plan licence. Nous avons eu en commission une discussion particulièrement intéressante sur ce sujet et plus précisément sur l'accès des bacheliers technologiques dans les filières courtes.

Les IUT et BTS avaient été peu à peu dévoyés de leur finalité initiale. Ces filières dites courtes devaient, à l'origine, être directement professionnalisantes, les étudiants qui en étaient diplômés étant censés entrer sur le marché du travail dès la fin de leurs études. Or plus de 80 % des étudiants en IUT poursuivent leurs études et 50 % d'entre eux pendant plus de trois ans. Loin de moi l'idée de leur interdire de poursuivre leurs études, mais force est de constater que les IUT se substituent peu à peu au premier cycle universitaire : ce sont principalement des étudiants issus des filières générales de baccalauréat qui y trustent les places. L'orientation logique consisterait, pour un bachelier général, à poursuivre à l'université et, pour un bachelier technologique, à poursuivre en IUT. Or c'est l'inverse qui se produit.

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