Madame la ministre, je ne sais s'il faut deux ans pour rédiger un rapport, mais celui de l'INSERM est bien sur votre bureau. Ce rapport, basé sur 1 250 publications scientifiques, reprend toutes les données issues de pays comme le Canada et les États-Unis. Il démontre de la manière la plus claire possible que les risques d'addiction sont proportionnels à l'offre.
Dans le cas qui nous intéresse ici, il nous faut donc prendre de vraies mesures de prévention, c'est-à-dire limiter l'offre et l'accessibilité de l'offre. Pour ma part, j'ai déjà demandé, dans le cadre d'une question orale sans débat, que l'on diminue d'urgence la plage horaire d'ouverture des parcs de machines à sous, qui sont le fléau principal en matière d'addiction aux jeux. Dans la plupart des casinos, ceux-ci sont ouverts, en effet, de 9 heures du matin jusqu'à 4 heures du matin suivant. Cette plage horaire est incroyablement addictogène parce qu'elle s'adresse aux inactifs. Le rapport de l'INSERM montre également que sont concernées par ce problème les personnes les plus vulnérables – 42 % des personnes présentant un jeu problématique ou pathologique sont des inactifs – et financièrement faibles.
Ces machines à sous sont un impôt non seulement sur les plus vulnérables mais aussi sur les moins riches. Notre pays doit s'honorer de prendre rapidement de vraies mesures de prévention, tant en matière de santé publique que de santé sociale.