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Intervention de Serge Letchimy

Réunion du 17 octobre 2008 à 15h00
Grenelle de l'environnement — Article 20

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSerge Letchimy :

C'est vrai, nous y sommes. Il ne faut pas considérer la biodiversité comme une simple question d'esthétique, de couleur ou de beauté. C'est pourquoi la proposition de Christiane Taubira, qui veut que l'on réfléchisse aux moyens de protéger les richesses génétiques, me paraît essentielle.

Les lanceurs d'alerte sont stigmatisés. Il est vrai que je ne suis pas toujours d'accord avec Yves Cochet ou Noël Mamère, mais il n'y en pas moins là une question de fond. Peut-être, monsieur le ministre d'État, monsieur le président Ollier et monsieur le rapporteur, un geste de votre part aurait-il permis de ramener la sérénité dans nos débats. Vous l'avez dit vous-mêmes, la solidarité nationale nous impose de conduire le débat jusqu'à son terme. Encore aurait-il fallu ajouter, à la suite de l'intervention de notre collègue Tourtelier, que c'est l'embouteillage législatif et diverses contraintes du calendrier qui nous forcent à étudier ce texte dans de mauvaises conditions et qui vous mettent en mauvaise posture. Il aurait fallu le reconnaître, car c'est politiquement très important. Vous avez voulu placer l'opposition dans une situation telle que vous puissiez dire qu'elle était opposée au Grenelle et qu'elle porterait la responsabilité de son échec – je sens que c'est ce que vous direz tout à l'heure, monsieur le ministre d'État : j'ai le sentiment de bien vous connaître…

Je conclurai en évoquant trois points. Je ne vois pas comment on peut parler de la biodiversité avec trois verbes seulement : connaître, préserver, valoriser. Car pour préserver, il faut connaître ; pour valoriser, il faut préserver, à tous les niveaux, scientifique, culturel, social, éducatif. Je me réjouis que vous ayez accepté que, au titre de la gouvernance, on mette le développement durable et la biodiversité dans l'éducation, pas seulement pour l'outre-mer, mais pour la France tout entière, et je me réjouis également que vous ayez reconnu la pharmacopée traditionnelle comme un élément d'une dynamique de développement local. Vous savez que 80 % de la population mondiale se soigne par la pharmacopée traditionnelle.

Je ne souhaite pas parler de gouvernance de manière théorique, mais lier ce sujet, dont nous parlerons tout à l'heure, à la biodiversité. Votre texte parle d'une déclinaison locale d'une stratégie de la biodiversité. À mon avis, il faut aller beaucoup plus loin et revenir à l'esprit de Mitterrand : la décentralisation, la subsidiarité des concepts européens, la possibilité de construire localement une culture, une science et un développement harmonieux pour résister encore mieux aux effets de la mondialisation. Je plaide pour une gouvernance locale liée à des stratégies de biodiversité.

Enfin, cette nouvelle ère qui pourrait s'ouvrir pour l'outre-mer, dont on vante si souvent la richesse, est fondamentale car elle pourrait nous situer de nouveau dans le domaine de la responsabilité, dans la dignité et la participation à la construction de l'universel, au même titre que n'importe qui. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

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