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Intervention de Dominique Plihon

Réunion du 9 mars 2011 à 16h00
Mission d'information sur la compétitivité de l'économie française et le financement de la protection sociale

Dominique Plihon :

Plutôt que de mettre l'accent sur un obstacle en particulier, il serait sans doute préférable de dresser la liste de tous les facteurs qui font que les transmissions d'entreprise sont plus compliquée en France qu'ailleurs.

Je souhaite revenir un instant sur la question des territoires. Les régions sont bien sûr essentielles pour la production mais, pour certaines politiques ou pour certains secteurs d'activité, elles n'ont pas la dimension pertinente. Ainsi, le Pas-de-Calais peut mener une politique visant à l'équipement des ports, mais la politique des transports doit s'envisager des Pays-Bas aux pays riverains de la Méditerranée. De même, la construction d'autoroutes empruntées par de très nombreux transporteurs étrangers ne concerne pas que la France. Pour beaucoup de dépenses d'infrastructures et de modernisation, qui sont des facteurs de compétitivité, la dimension pertinente est la dimension européenne, qui permet la mutualisation des investissements.

Par ailleurs, si la concurrence est souhaitable pour les biens et les services, il faut aussi une coopération entre les États ; il est plus important de coopérer que de fonder une compétition sur des règles.

S'agissant des relations entre banques et entreprises, on sait que le succès économique, après-guerre, du Japon, de la Corée du Sud et de l'Allemagne, est dû pour beaucoup à des liens historiques très étroits entre les établissements financiers et l'appareil industriel. En France, la « banque-industrie » est beaucoup moins développée. Selon moi, cela ne s'explique ni par une bureaucratie excessive ni par le fait que les entreprises françaises sont moins rentables que les entreprises allemandes mais, plus sûrement, par un système bancaire beaucoup plus décentralisé en Allemagne, où les établissements financiers présentent par ailleurs une diversité de statuts juridiques qui s'est perdue en France.

Comme M. Michel Husson, je suis convaincu que l'Allemagne changera de voie car celle qu'elle suit actuellement la mène à l'impasse. Si l'Union européenne va vers une politique de rigueur, l'Allemagne, qui réalise les deux tiers de ses excédents commerciaux en Europe, verra ses marchés fondre comme neige au soleil et boira la tasse ! Elle n'a vraiment aucun intérêt à ce que les autres pays européens voient leur croissance ralentir, sauf à réaliser ses excédents avec les pays émergents – mais c'est qu'alors l'Europe n'aura plus de sens.

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