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Intervention de Bassma Kodmani

Réunion du 12 octobre 2011 à 9h30
Commission des affaires étrangères

Bassma Kodmani, membre du Bureau exécutif du Conseil national syrien :

Nous avons des défaillances considérables dans la conception, l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques publiques. Le système éducatif, qui en est une des victimes, présente deux défauts principaux. D'une part, comme dans la plupart des pays de la région, il s'est détérioré du fait de l'explosion démographique, en raison de la difficulté de fournir un enseignement de qualité à une population toujours plus nombreuse. D'autre part, il fait l'objet d'un endoctrinement, le programme d'enseignement étant très imprégné de l'idéologie du Parti Baas, sous une forme caricaturale. L'université est en très mauvais état : un ingénieur me disait que pendant vingt ans, elle n'avait pas produit un seul ingénieur capable de concevoir le moindre plan de construction et qu'aujourd'hui cela n'était possible que grâce à la possibilité de télécharger des programmes sur Internet !

L'outil économique est confronté à un problème majeur : les affaires sont concentrées sur les grandes villes et les régions rurales sont oubliées. Les plans quinquennaux ne font que satisfaire des représentants du parti Baas qui n'ont aucun pouvoir. En outre, prévaut un pillage systématique de l'ensemble de l'État : tous les gouverneurs, douaniers ou responsables régionaux sont des agents du trafic organisé par le pouvoir. Un gouverneur n'a pas d'autre rôle que de spécifier la commission qu'il doit toucher pour lui-même ou le compte d'un tiers ! Quiconque s'y oppose ne peut faire d'affaires en Syrie. Le système de corruption y est profondément ancré.

Monsieur Myard, les commerçants syriens en France ne souffrent pas de la répression ! Tant qu'on ne se mêle pas de politique et qu'on ne demande rien, on peut être tranquille en Syrie – nous connaissons d'ailleurs beaucoup de gens non politisés disant qu'il est fou de se révolter parce que cela déstabilise le pays. Il n'empêche que le prix payé par le peuple et le pillage systématique de l'État montrent la nécessité d'en finir avec le régime.

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