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Intervention de Marianne Dubois

Réunion du 26 octobre 2011 à 14h00
Délégation aux droits des femmes et l’égalité des chances entre les hommes et les femmes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarianne Dubois :

Ces propositions sont en effet très innovantes, mais je doute que la dame qui prépare le petit-déjeuner et qui fait la toilette d'une personne âgée puisse, par le biais de la validation des acquis de l'expérience, devenir un jour infirmière. Dans le milieu rural, les personnes effectuant ces tâches ont un niveau d'études très faible ; parfois, elles n'ont pas même le permis de conduire.

Laurent Hénart. C'est précisément la situation que je voudrais voir changée. Si, chaque année, 10 % des deux millions de salariés du secteur des soins à domicile suivaient une formation, 200 000 personnes pourraient bénéficier soit d'une remise à niveau – apprendre à écrire, lire et compter, ou encore passer le permis de conduire – soit d'une formation spécialisante – car il y a aussi des personnes diplômées dans ce secteur, par exemple des émigrés, qui n'ont pas pu faire reconnaître leur niveau d'étude.

On ne peut tout de même pas laisser les choses en l'état ! Il y va de la qualité de vie de très nombreuses personnes.

La spécificité de ce secteur est qu'il offre un éventail de tâches correspondant à des niveaux de formation très différents : d'une absence complète de qualification à un niveau supérieur au baccalauréat. Il est donc facile de commencer à travailler dans ce secteur ; c'est une bonne chose au regard du marché de l'emploi, mais on doit pouvoir se former. Qu'une telle formation soit possible, même dans le cas de personnes quasi illettrées, l'expérience le prouve ; il y faut de la détermination et du temps.

Malheureusement les moyens manquent, parce qu'ils sont mal répartis. Le système éducatif délivre des licences et des masters dans des filières dont on n'a pas besoin. Voyez ce que deviennent les diplômés de sociologie ou de psychologie ! De nombreux étudiants ignorent même que, dans la filière qu'ils ont choisie, le seul moyen de trouver un emploi est de passer les concours de la fonction publique.

Il n'est pas normal que la formation aux activités de soins à domicile passe par des filières honteuses, proposées dans quelques lycées professionnels seulement. Il s'agit tout de même d'un secteur qui fait travailler plus de professionnels que le BTP ou la banque. La situation est telle qu'il faut l'intervention de députés pour que la maquette d'un baccalauréat professionnel d'aide à domicile soit validée par le recteur ! Dans mon département, ce type de formation relève de l'enseignement agricole !

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