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Intervention de Luc Chatel

Réunion du 9 juin 2011 à 15h00
Lutte contre le décrochage scolaire — Discussion d'une proposition de loi

Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative :

La « mallette des parents » constitue un autre exemple de notre volonté de responsabiliser les parents. Nous avons décidé de l'étendre à 1 300 collèges à partir de la prochaine rentrée.

Je me trouvais hier soir à Goussainville en compagnie du ministre de l'intérieur, Claude Guéant, pour assister à ce qu'on appelle une classe de l'école des parents, où sont dispensés des cours de français en faveur des pères et mères de famille, en grande partie issus de l'immigration. Il s'agit également de mieux leur faire comprendre notre système éducatif afin qu'ils puissent mieux suivre la scolarité de leurs enfants et soient mieux associés à l'organisation scolaire. Claude Guéant a annoncé hier le triplement du nombre d'établissements – ils passeront à 750 – devant bénéficier de ce dispositif de prévention du décrochage scolaire.

L'inadéquation de l'orientation est une autre source de décrochage, qui mène au découragement. Trop longtemps, le système éducatif a privilégié une orientation subie plutôt que choisie, une orientation-couperet qui imposait, à quatorze ans, de décider pour toujours de son métier. Je conteste ce système et nous venons de le revoir en profondeur avec la mise en place d'une orientation plus progressive au lycée évitant ce couperet à l'âge de quatorze ou quinze ans grâce à la mise en place de passerelles entre les différentes séries, entre les différentes filières, qui doivent permettre aux élèves de trouver leur voie, donc leur épanouissement, et ainsi faciliter leur insertion professionnelle.

À ce travail sur l'orientation, nous associons un effort important visant à mieux articuler formation et insertion professionnelle, notamment avec le parcours de découverte des métiers et des formations, que nous avons généralisé à la rentrée 2009 à destination de tous les élèves de la cinquième jusqu'à la terminale.

Pour lutter contre le décrochage scolaire, monsieur le rapporteur, il convient en effet d'agir d'abord en amont ; mais, à cette action préventive, nous avons associé une action en aval visant à permettre aux élèves qui ont déjà décroché de reprendre leur parcours, de se réinsérer.

Pour cela, il nous a fallu travailler collectivement pour consolider et partager notre système d'information. En effet, cela peut paraître surprenant, mais le ministre de l'éducation nationale ne connaissait pas jusqu'à présent le nombre précis d'élèves sortis chaque année du système éducatif sans qualification et sans diplôme. Nous avons par conséquent mis en place un système interministériel d'échange d'informations, déployé sur toute la France, qui permet de connecter les réseaux de l'éducation nationale, de l'enseignement agricole, des centres de formation d'apprentis, de Pôle emploi, des missions locales. Ainsi disposons-nous désormais du chiffre général des jeunes concernés par le décrochage scolaire.

Entre juin 2010 et mars 2011, quelque 250 000 jeunes ont été touchés par le fléau du décrochage, dont 72 000 sont suivis par les missions locales, les 180 000 élèves restants ayant quitté le système scolaire sans diplôme et sans information sur leur situation – des jeunes que nous avions perdus de vue. Le travail que nous avons engagé permet dorénavant de les connaître, donc de les contacter et de traiter leur cas individuellement.

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