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Intervention de Annick Le Loch

Réunion du 17 février 2011 à 15h00
Débat sur les politiques du handicap

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAnnick Le Loch :

…et peut ainsi être parfois réduite à néant. La personne handicapée vit alors entièrement à la charge de son conjoint et c'est humainement très difficile.

Une personne adulte handicapée est venue à plusieurs reprises à ma permanence pour me faire part de l'injustice qu'elle subit. Cette dame, qui bénéficie d'une pension d'invalidité à hauteur de 260 euros par mois et d'une allocation adulte handicapé de 183,67 euros est arrivée en fin de droits d'indemnisation au chômage et ne peut prétendre ni à l'allocation spécifique de solidarité ni au revenu de solidarité active compte tenu des revenus de son conjoint, qui sont de 1 500 euros mensuels, ce qui ne constitue pas à proprement parler un revenu élevé. Ne trouvez-vous pas cette situation très difficile à vivre, madame la secrétaire d'État ?

Vous le savez, en général, les personnes handicapées rencontrent d'énormes difficultés en arrivant sur le marché du travail, mais les hommes ont cependant deux fois plus de chances de trouver un emploi que les femmes. Et quand celles-ci travaillent, elles sont victimes de traitements discriminatoires au niveau du recrutement et des conditions d'avancement.

Quand les femmes en situation de handicap se retrouvent privées d'emploi, restreindre leurs droits équivaut à les atteindre dans leur dignité. Ne pas respecter leur droit fondamental à bénéficier de conditions minimales d'existence, les reléguer à dépendre de leur entourage pour survivre, ce n'est pas notre conception du droit à la différence et cela ne correspond pas aux valeurs humanistes que nous défendons.

À la lumière de l'exemple que j'ai cité, je souhaiterais que nous engagions une réflexion sur les moyens de donner une réelle autonomie financière aux personnes en situation de handicap qui, dans le cas où elles vivent en couple, sont dépendantes de leur conjoint.

Quant aux franchises médicales, elles altèrent significativement les revenus de l'ensemble des personnes handicapées. Ne pourrions-nous pas, madame la secrétaire d'État, envisager une évolution de l'application des franchises médicales à l'occasion du PLFSS pour 2012 ?

Je pense que la question des revenus des personnes handicapées, sous tous ses aspects, devrait faire l'objet d'un large débat en vue d'aboutir à un consensus sur la nécessité de les réévaluer. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

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