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Intervention de Daniel Goldberg

Réunion du 8 février 2011 à 17h00
Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDaniel Goldberg :

Je partage assez largement l'analyse du Président Serge Grouard quant au plateau de Saclay et à la bonne utilisation de la ressource publique.

Après que dix-huit mois ont été perdus depuis l'engagement du Président de la République au Palais de Chaillot le 29 avril 2009, vous venez, monsieur le ministre, d'en gagner deux... Une bonne part des solutions de financement trouvées de façon relativement consensuelle par la mission conduite par notre collègue Gilles Carrez va finalement être appliquée. Il semble qu'un véhicule législatif ad hoc puisse aussi être trouvé pour débloquer la situation du SDRIF.

Si nous nous félicitons que, grâce aux débats publics, les Franciliens aient participé en nombre à l'aboutissement du projet, comment ne pas regretter que tant de temps et d'argent aient été perdus au seul motif que M. Christian Blanc avait élaboré son projet sans tenir compte des réflexions des dix équipes d'architectes missionnées à cet effet, de la région, des parlementaires, et des élus locaux ?

Je me réjouis aussi que la nécessité d'équipements en première couronne ait finalement été intégrée dans le projet.

En son temps, j'ai qualifié le Grand Paris d' « OPNI », objet politique non identifié car, au contraire du Grand Londres, il ne s'agit pas d'une aire urbaine homogène, pourvue d'un territoire et d'une gouvernance clairement définis. Que recouvre aujourd'hui cette appellation, à laquelle vous semblez décidé à décerner un label ? Reprenez-vous les hypothèses, au reste discutables, de croissance de la population et des emplois retenues par M. Christian Blanc ? Avant d'arbitrer entre les gares optionnelles, n'est-il pas impératif de savoir quelle est philosophie générale du Grand Paris porte le Gouvernement ?

Si l'accord de financement global des contrats de développement territorial est satisfaisant, il n'inclut pas – comme nous l'a confirmé le président du directoire de la Société du Grand Paris, M. Marc Véron, lors de son audition – l'aménagement de l'environnement des gares, de leurs accès, des parkings, etc… Des clés de financement de ces équipements ont-elles été élaborées ?

Nous partageons tous la nécessité de réduire les inégalités territoriales : par les tensions locales qu'elles provoquent et les distances entre domicile et travail qu'elles imposent, elles minent le territoire régional. Votre réflexion à ce propos tient-elle compte des vifs regrets de notre collègue Étienne Pinte quant à l'absence de visibilité sur l'objectif de construire chaque année 70 000 logements – notamment sociaux – pour rééquilibrer le territoire ?

Enfin, nous avions posé lors de l'examen du projet de loi la question de la gouvernance de la Société du Grand Paris qui fonctionne aujourd'hui en toute autonomie par rapport au Parlement et aux élus territoriaux. Le président de son directoire n'a aucun compte à rendre à notre assemblée. Quelle est donc votre conception de la décentralisation en Île-de-France ? Comment les groupes de travail dont vous nous annoncez la création articuleront-ils leur action avec celle des élus ? Les parlementaires y seront-ils invités ou ne seront-ils composés que de spécialistes non élus ? Il ne faudrait pas, après avoir perdu dix-huit mois, s'enliser à nouveau alors que l'issue paraît désormais plus proche !

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