Ces échanges très riches nous confirment au président Alain Claeys et à moi-même que avons eu raison d'organiser cette table ronde, même si le futur projet de loi ne comporte pas de disposition sur le sujet.
Je prie le professeur Nisand, que je connais bien et pour lequel j'ai beaucoup d'estime, de bien vouloir excuser ma réaction emportée, tout à l'heure. Mais il y a si longtemps que je l'entends dire qu'il a reçu en consultation la semaine précédente une jeune femme qui a perdu son utérus en couches ! Voilà plus d'un an et demi que nous réfléchissons à toutes ces questions : il n'est pas anormal, monsieur Gorce, à un moment de prendre une position tranchée.
Un mot de la démarche intellectuelle qui a conduit la mission d'information à ses conclusions sur le sujet. Il nous a paru impossible qu'il n'y ait pas de commercialisation dans le cas de personnes totalement étrangères les unes aux autres. Comment une femme pourrait-elle accepter de mettre durant neuf mois son utérus à disposition d'une femme qu'elle ne connaît pas, sans aucune contrepartie financière ? De là, nous nous sommes demandé s'il était imaginable de procéder dans le cadre intra-familial, où pourrait s'envisager un acte de pure générosité. Mais les psychiatres nous ont dit tous les dangers psychiques des brouillages de parenté qui s'ensuivraient et des pressions qui pourraient s'exercer sur les personnes