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Intervention de Bruno le Maire

Réunion du 9 juin 2010 à 16h15
Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire

Bruno le Maire, ministre de l'Alimentation, de l'agriculture et de la pêche :

Monsieur le rapporteur spécial, l'enseignement agricole représente plus de 173 000 élèves, dont le taux de réussite aux examens dépasse 80 % et le taux d'insertion professionnelle 85 %. Il y a de quoi faire des envieux !

Nous avons obtenu dans l'enseignement agricole public un moratoire des suppressions de postes pour la rentrée de 2010, délai qui était nécessaire compte tenu des interrogations spécifiques que se posaient les enseignants. D'où les assises consacrées exclusivement à l'enseignement agricole public. Mais la concertation entre public et privé n'est pas exclue pour autant, et j'y suis tout à fait favorable, comme d'ailleurs à la mutualisation des moyens, qui devra être développée.

Les assises pour l'enseignement agricole public ont été l'occasion d'amorcer des changements, dont certains sont repris dans le projet de loi. Le premier consiste à faire du développement durable et de la compétitivité un élément clé de l'enseignement agricole ; le deuxième à créer des pôles régionaux avec une identité thématique plus marquée – afin de regrouper et de mutualiser les moyens car on ne peut pas faire tout partout aussi bien – ; le troisième à établir des liens plus forts entre l'enseignement agricole, l'enseignement supérieur et la recherche. Développer des passerelles entre eux renforcerait l'image de l'enseignement agricole public, encore insuffisamment valorisante auprès des élèves.

Je souligne à nouveau l'importance de lisser sur trois années le volume d'emplois. Il est difficile de s'accommoder d'une gestion annuelle dans un contexte de réformes.

En ce qui concerne l'enseignement agricole privé, toutes les marges ont été mobilisées au sein du ministère pour réduire de moitié les suppressions d'emplois à temps plein par rapport à 2009, c'est-à-dire que nous sommes passés de 79 à 39 postes.

Le report de charges pour 2009, qui pesait sur la trésorerie des maisons familiales rurales, a été totalement apuré.

Quant au programme Enseignement technique agricole, nous allons lancer une réforme pour recruter les enseignants au niveau du master, comme à l'éducation nationale. Et nous poursuivrons en 2011 la réforme de la voie professionnelle pour les formations services et hippisme, de façon à augmenter le nombre de bacheliers et à limiter les sorties sans qualification.

La coordination entre le ministère de l'agriculture et le ministère de l'éducation nationale n'est pas simple à mettre en oeuvre. Chaque année, le premier est obligé d'aller crier famine auprès du second. Nous cherchons des solutions, mais je me méfie des solutions expéditives consistant à basculer la responsabilité de l'enseignement agricole sur l'un ou l'autre des deux ministères.

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