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Intervention de Jean-François Rocchi

Réunion du 26 mai 2010 à 17h00
Mission d'information sur les raisons des dégâts provoqués par la tempête xynthia

Jean-François Rocchi, président du Bureau de recherches géologiques et minières, BRGM :

La délégation qui m'accompagne est formée de Mme Nicole Lenôtre, responsable de l'unité littoral au sein de notre service « risques naturels », ainsi que de MM. Rodrigo Pedreros et Manuel Garcin, ingénieurs dans cette unité et coauteurs du compte rendu de la mission préliminaire réalisée par l'établissement immédiatement après la tempête.

Le Bureau de recherches géologiques et minières, établissement public industriel et commercial, vient de fêter ses cinquante ans. Depuis sa création en 1959, il est passé d'une activité de bureau minier de l'outre-mer français à celles d'un service géologique national et d'un établissement multifonctionnel tourné essentiellement vers les métiers du développement durable dans sa spécialité, le sous-sol.

Notre activité porte donc sur : la géologie pure ; des applications énergétiques, par exemple la géothermie, pour laquelle le BRGM est le premier spécialiste en France ; les stockages de gaz carbonique, forme nouvelle de maîtrise des risques énergétiques, à la demande de la Commission européenne ; l'eau profonde (nappes aquatiques, eau en sous-sol), notre domaine de prédilection ; les risques naturels, importante activité développée par le BRGM depuis vingt-cinq à trente ans.

Nous avons ainsi une compétence assez affirmée en matière de risque sismique. Nous touchons également au volcanisme dans sa dimension souterraine. Nous regardons les risques de pollution susceptibles de survenir sous la surface, dans l'eau en particulier. À la demande des pouvoirs publics, nous avons aussi développé une importante activité autour des cavités – grottes et trous – et tenons une base de données du sous-sol – BSS –, consultable dans l'ensemble de nos unités régionales et dans laquelle se trouvent toutes les déclarations de forage à partir de douze mètres, y compris des particuliers pour leur jardin. Ainsi, la France –c'est à l'honneur du législateur qui l'a créée – dispose de la base de données la plus complète au monde en matière de forage souterrain, ce qui permet de savoir ce qu'il est possible ou non de faire à un endroit donné

S'agissant du littoral, le BRGM est compétent pour l'érosion du trait de côte dans la mesure où les dommages qu'elle provoque touchent directement les sous-sols. Par ailleurs, étant donné que des échanges se produisent entre le milieu salé et le milieu de l'eau douce, nous nous intéressons aux phénomènes exceptionnels comme les tempêtes, mais aussi, à la demande des pouvoirs publics, à la remontée de l'eau marine, dans le cadre des changements climatiques, le service que dirige Mme Lenôtre étant très présent dans le Grenelle de la mer.

Toutes nos activités sont à la fois de recherche, mais également de service public avec une forte composante internationale. Les activités de recherche touchant au littoral français portent à titre régulier sur un certain nombre de sites où nous observons la vulnérabilité des zones côtières et testons différentes méthodes. Ainsi, un important projet, sur le point d'être achevé, porte sur la vulnérabilité des côtes basses à la submersion marine. Récemment, nous avons également travaillé sur les sites de Sète, du Bassin d'Arcachon, de Noirmoutier et de Dunkerque. Nos activités de service public portent sur des modèles relatifs à l'impact des houles de tempête ou cycloniques, aussi bien en France métropolitaine qu'outre-mer. Nous sommes impliqués dans des observatoires et des réseaux d'observation du littoral, y compris outre-mer, à la Réunion, à Mayotte et en Guadeloupe. À la demande du gouvernement territorial de la Polynésie, où un ouragan a sévi récemment, nous menons des études multi-aléas à travers un gros programme, ARAI 1 et ARAI 2. Selon le gouvernement territorial, les modèles que nous avons développés ont aidé à la préparation des plans de prévention des risques dans cette région et permis de la sorte de maîtriser les conséquences humaines et économiques de ce type d'événement.

Établissement de taille moyenne, le BRGM emploie un peu plus de mille salariés de droit privé, sans statut particulier. Nos activités sont exclusivement financées par l'extérieur : nous n'avons pas de recettes propres et sommes, dans l'activité de service public, producteurs d'activités gratuites, en particulier en appui aux politiques publiques. Nous recevons des dotations du ministère de la recherche pour nos activités de recherche, et du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer pour nos activités de service public. Nous avons des contrats avec les collectivités territoriales, en particulier les régions dans le cadre notamment des contrats de plan État-régions. À l'international, nous avons une série de financeurs publics, mais aussi privés dans le cadre de contrats miniers avec des entreprises.

Dans le domaine des ressources minérales, M. Borloo a en quelque sorte relancé, dans sa communication du 27 avril dernier, un plan minier français, en nous chargeant de reprendre, aussi bien sur terre qu'en mer, avec nos collègues de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer – IFREMER – les inventaires miniers délaissés depuis une vingtaine d'années, et de travailler sur les nouvelles actions de prospection, notamment sur les modèles de recherche qui les sous-tendent.

S'agissant de la tempête Xynthia, l'étude que notre établissement a menée prend place dans sa mission de service public. Il s'est en fait auto-mandaté, en se mettant spontanément au service de la collectivité. Le compte rendu de mission préliminaire apporte une première contribution. Si les pouvoirs publics veulent aller au-delà, cela devra faire l'objet d'une commande spécifique.

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