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Intervention de Jean-Christophe Tellier

Réunion du 17 janvier 2008 à 9h00
Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale

Jean-Christophe Tellier :

La démarche de prévention est en train de se développer dans la pratique des médecins. Ceux-ci formulent de plus en plus de préconisation sur l'hygiène de vie. L'action des associations de patients est également importante, mais M. Christian Saout vous en aurait parlé mieux que moi.

En ce qui concerne l'automédication, il n'y a pas forcément d'opposition de la part des représentants des patients, à la condition que ce ne soit pas un objet économique. Aujourd'hui, on constate que les médicaments augmentent de 30 % à partir du moment où ils font l'objet d'un déremboursement. La mise en place de l'automédication suppose une information et une éducation. Le pharmacien doit jouer son rôle, par exemple grâce au dossier pharmaceutique que l'on est en train de mettre en place : le professionnel de santé pourra alors avoir connaissance de tous les médicaments, qu'ils soient prescrits ou non, achetés par le patient durant les quatre derniers mois, ce qui devrait permettre d'éviter les redondances et le risque d'iatrogénie. Par ailleurs, le « Web médecin » permet d'ores et déjà aux professionnels de santé, en attendant le dossier médical personnel, d'avoir accès à l'historique des remboursements dont a bénéficié le patient depuis un an.

Aujourd'hui, le prix des produits en vente libre dans une pharmacie n'est pas toujours clairement affiché. Or, à la suite d'un rapport du Conseil national de la consommation, un arrêté a été pris en 2003 pour obliger les pharmaciens à rendre publics et visibles les prix des médicaments non remboursables, qu'il y ait prescription obligatoire ou non, à tenir un répertoire de tous les médicaments à prix libre délivrés uniquement sur prescription médicale, et à indiquer sur une affichette que le prix des médicaments non remboursables est libre. En 2007, l'enquête menée par la DGCCRF – la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes – sur ce sujet dans 1 000 pharmacies s'est traduite par 638 rappels à l'ordre.

Si l'avenir est assurément à l'automédication, il faut cependant que chacun tienne son rôle. Les prix doivent rester raisonnables et le pharmacien, tout comme le médecin, doit donner l'information nécessaire au patient.

Thierry Saniez : Pour en revenir à la campagne du PNNS, la question qui se pose maintenant est de savoir ce que signifie exactement « manger cinq fruits et légumes ».

En matière de prévention, on constate certes des avancées sur le terrain mais la situation est loin d'être satisfaisante. Le vrai souci des patients actuellement est de savoir comment ils pourront continuer à payer les soins alors qu'ils doivent désormais acquitter des franchises. Avec 2 % des dépenses consacrées à la prévention, nous sommes de toute façon loin du compte.

Pour ce qui concerne l'automédication, notre confédération considère que, si un médicament ne nécessite pas de prescription médicale et se trouve en vente libre, il faut un assouplissement des conditions de sa commercialisation. De même, nous sommes favorables à un assouplissement du numerus clausus des officines.

L'an dernier, une étude que nous avons menée sur le paracétamol a révélé que les pharmaciens délivraient systématiquement les produits de marque, beaucoup plus chers que les « non-marques ». Dès lors que le produit n'est pas en accès direct et que le pharmacien est rémunéré au pourcentage du chiffre d'affaires, il est forcé que l'on ne propose pas le produit le moins cher, le générique, etc. C'est tout le système, fondé uniquement sur la vente, qui est à revoir à l'aune des objectifs poursuivis. Le chantier est considérable.

Une autre de nos études met en évidence notre retard en matière de génériques par rapport à des pays comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne. Un important travail d'information reste à mener en ce domaine. Comment inciter le pharmacien à distribuer plus de médicaments génériques alors que sa rémunération est au pourcentage ? Nous nous sommes opposés aux franchises mais, dès lors qu'elles ont été instaurées, ne pourrait-on en dispenser les génériques ?

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