Découvrez vos députés de la 14ème législature !

Intervention de Laurent Degos

Réunion du 28 janvier 2010 à 9h00
Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale

Laurent Degos, président de la Haute Autorité de sant :

La promotion de la chirurgie ambulatoire peut commencer dès demain, et c'est précisément la conscience de cette possibilité qui a poussé MM. Jean-Michel Dubernard et Jean-Paul Guérin à imaginer le colloque parlementaire. Comme l'a dit M. Dubernard, cela nous permettrait de fermer 80 % des lits de chirurgie d'ici dix ans. Mais pour inciter les établissements à une mutation organisationnelle et culturelle d'une telle ampleur – faire passer le taux de la chirurgie ambulatoire de 30 % à 80 % de l'activité des établissements –, il faut mobiliser au départ un financement minimal. Cela suppose la valorisation tarifaire de la chirurgie ambulatoire : un changement tarifaire, même pour trois ans, suffira à faire bouger tout le monde. C'est là une décision politique simple. Or, la tarification actuelle incite au contraire à réduire la place de l'ambulatoire puisque les établissements perdent de l'argent s'ils font de l'ambulatoire.

Je veux insister sur le fait qu'il y a deux types de chirurgie ambulatoire. La chirurgie ambulatoire courante, dont M. Jean-Michel Dubernard a donné des exemples, permettrait déjà des progrès considérables. Mais il y a une chirurgie ambulatoire beaucoup plus complexe, qui nous a été exposée lors du colloque parlementaire : si elle suppose des procédures de sécurité plus sophistiquées, elle est susceptible, par sa dimension d'expertise et d'innovation, de provoquer l'engouement des centres hospitaliers universitaires. Là encore, c'est une question de tarification : seul un changement de tarification pourrait inciter les hôpitaux à adopter l'organisation spécifique qu'impose la chirurgie ambulatoire.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion