Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, messieurs les ministres, mes chers collègues, même si presque tout a été dit sur les élections de dimanche dernier, je souhaite, à mon tour, tirer quelques leçons de ce scrutin et vous faire part des quelques messages que j'ai relevés.
Ces messages, en fait, ont un dénominateur commun, à savoir qu'il nous faut une Europe plus politique et moins technique, c'est-à-dire une Europe qui aborde les enjeux de société essentiels et fixe les grandes orientations au lieu de se perdre dans le superfétatoire, comme ce fut le cas avec ce malheureux vin rosé, qui n'avait rien demandé à personne mais que l'on voulait malheureusement couper, ou encore avec ces normes de pasteurisation alimentaire, qui auraient comme conséquence première de rendre le fromage particulièrement indigeste.
Le premier message que je retire de ce scrutin, c'est le niveau de l'abstention : 60 % en France et proche de 57 % dans l'ensemble de l'Union européenne. Les proportions étaient exactement inverses il y a trente ans. En 1979, la participation atteignait 60 %, dans une Communauté en pleine construction, composée de proches voisins prêts à se rapprocher beaucoup plus encore. Aujourd'hui, cette abstention record pose une question politique : que voulons-nous construire et avec quels voisins ?
La réponse à ce besoin d'une direction claire, d'un cap, d'une ligne politique pour l'Europe, nous la trouvons dans le traité de Lisbonne, notamment avec l'instauration d'une présidence stable et efficace, dont Nicolas Sarkozy a démontré le caractère indispensable lors de sa présidence.