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Intervention de Hubert Tison

Réunion du 22 juillet 2008 à 15h00
Mission d’information sur les questions mémorielles

Hubert Tison :

La formation des maîtres est évidemment capitale pour répondre à toutes les questions que pose l'enseignement de l'histoire. Nous sommes très attachés à une formation scientifique de qualité, acquise à l'université et validée par des concours nationaux. Nous sommes également attachés à une déontologie du métier, fondée sur le respect de la conscience des jeunes, sur le fait de garder une attitude distanciée et critique par rapport à la matière enseignée et de se former toute sa vie d'enseignant : se former aux nouvelles problématiques de l'enseignement, aux recherches pédagogiques et aux méthodes permettant de transmettre de la meilleure façon possible l'enseignement de l'histoire à des élèves de niveau et d'âge différents.

Par ailleurs, on s'est interrogé sur le moyen de répondre aux revendications mémorielles. Mais faut-il une histoire nationale ? Oui, mais une histoire nationale commune et partagée. Il ne peut s'agir d'une histoire fondée sur la mythologie républicaine des années 1890, ni sur une mythologie de petites communautés fermées sur elles-mêmes. Cette histoire doit rassembler ces histoires singulières et les dépasser. Elle doit être ouverte sur l'Europe comme sur le monde. C'est un peu la vocation de notre pays. Cette histoire doit tendre vers l'universel et utiliser la mémoire, qu'on peut rencontrer en classe.

Au moment de l'attentat du World Trade Center, j'avais fait un exposé sur le terrorisme. Et en interrogeant mes élèves de terminale, je me suis aperçu que cinq d'entre eux étaient favorables à Ben Laden. Il m'a fallu, toute l'année, apporter des réponses à ces élèves qui faisaient des comparaisons, par exemple entre les enfant d'Irak et les enfants de la Shoah ou qui disaient que cet attentat avait été commis par le Mossad et la CIA. J'ai dû me battre pour leur faire comprendre ce qu'est une source, leur demander quelles étaient les leurs, les confronter, procéder par des regards croisés, intégrer l'histoire de ceux qui ont participé aux deux guerres mondiales dans l'histoire de la colonisation et de la décolonisation, etc.

L'histoire des religions pose également beaucoup de problèmes aux enseignants dans les classes de sixième et de cinquième. Pour répondre aux élèves, il faut une formation scientifique de haut niveau, et en même temps une formation pédagogique et un travail interdisciplinaire, comme l'ont souligné Mme Ernst et Mme de Suremain.

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