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Intervention de Marc Dolez

Réunion du 22 mai 2008 à 21h30
Modernisation des institutions de la ve république — Article 2

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarc Dolez :

L'article 2 vient compléter l'article 6 de la Constitution mais, hélas, sans le modifier sur le fond, comme l'ont fait les deux révisions de 1962 et de 2000.

Cet article majeur, qui définit le mode d'élection du Président et la durée de son mandat, pèse considérablement sur le fonctionnement de nos institutions et sur l'équilibre des pouvoirs. Le déséquilibre que nous déplorons était certes présent dès l'origine avec le parlementarisme rationalisé de 1958, mais il a été amplifié par la révision de 1962, avec l'élection du Président de la République au suffrage universel, et par l'instauration de ce que j'appellerai volontiers, à la suite de Jean-Marie Denquin, constitutionnaliste bien connu, une « monarchie aléatoire », laissant place à d'éventuelles cohabitations. Depuis la révision de 2000, il n'y a plus de cohabitations possibles et nous sommes passés à une nouvelle phase, l'hyperprésidentialisation du régime.

Les deux réformes de 1962 et de 2000, j'y insiste, se sont faites sans que le Président de la République soit doté de nouveaux pouvoirs. Et nous touchons là une question cruciale, qui constitue la racine des maux de la Ve République : le Président de la République, irresponsable politiquement, s'est arrogé des pouvoirs supplémentaires, au-delà de la lettre même de la Constitution. C'est la raison pour laquelle les propositions qui nous sont faites dans le cadre de la présente révision apparaissent bien dérisoires pour rééquilibrer les pouvoirs et rendre sa place au Parlement, j'aurai l'occasion d'y revenir.

J'ajoute, même si ma position, je le sais, est extrêmement minoritaire dans cet hémicycle, que je suis de ceux qui considèrent qu'il ne pourra rien se faire de significatif pour renouer avec un véritable régime parlementaire et refaire de l'élection des députés un rendez-vous électoral fondamental tant que l'élection du Président de la République au suffrage universel ne sera pas remise en cause. C'est un point de passage obligé. Nous ne le franchirons pas cette fois-ci, je le regrette, mais si nous voulons nous diriger vers un véritable régime parlementaire, à l'instar des autres démocraties européennes, au moins faut-il réaffirmer le rôle du Premier ministre. Cela implique le transfert de certaines prérogatives du Président au Premier ministre.

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