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Intervention de Michel Herbillon

Réunion du 15 décembre 2008 à 16h00
Rappels au règlement

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Herbillon :

…dans les équipes de France Télévisions, qui ont – comme c'est normal – anticipé la suppression de la publicité, le 5 janvier, pour préparer leurs programmes et faire démarrer les émissions de qualité de la première partie de soirée à vingt heures trente-cinq.

J'ai écouté les propos de notre collègue Noël Mamère. J'ai cru comprendre que, frustré d'être depuis si longtemps dans l'opposition, il faisait une déclaration de politique générale et qu'il allait demander au Parlement d'approuver celle-ci. Alors que nous débattons pour la quatrième semaine de l'audiovisuel et que nous abordons l'article 21, il nous parle des otages, de la Chine. Un autre collègue de l'opposition évoque même la météo. Est-ce cela la dignité du Parlement ? Sommes-nous réunis ici, pour savoir qu'il y a de la neige dans certaines villes de France ? C'est là une conception extraordinairement surprenante de la démocratie.

M. Noël Mamère a une lecture très partielle des sondages réalisés auprès des Français. Je vais être obligé de lui rappeler ce qu'il gomme. En fait, c'est très simple : quand le peuple est d'accord avec M. Mamère, le peuple a raison. Quand le peuple n'est pas d'accord avec lui, le peuple a tort, puisque M. Mamère a toujours raison, comme ses collègues socialistes de l'opposition.

Quand on est objectif, il faut citer les sondages dans leur intégralité. Or, 65 % des Français considèrent que la suppression de la publicité sur les chaînes de France Télévisions après vingt heures est une bonne chose. Il ne faut pas faire une lecture partielle des sondages, quand 70 % des Français considèrent que le début des programmes à vingt heures trente est une bonne chose. Monsieur Mamère, lorsque vous n'êtes pas content du peuple, vous voulez le dissoudre, mais ce n'est pas cela la démocratie !

Par l'obstruction que vous faites, vous mettez en cause le fonctionnement du service public de l'audiovisuel. Vous avez l'air d'être surpris de cette décision, qui est naturelle. Il faut qu'une entreprise fonctionne. Mme la ministre s'est publiquement engagée, il y a quinze jours, lors d'une question au Gouvernement que j'ai posée, sur le financement pérenne pendant trois ans – la compensation des 450 millions d'euros. C'est important pour France Télévisions, mais vous oubliez d'en parler, parce que vous être très embarrassé pour une raison très simple : nous faisons ce que vous avez toujours rêvé de faire, à savoir supprimer la publicité sur France Télévisions. Nous tenons à votre disposition toutes les déclarations, nombreuses, variées et réitérées, de l'opposition socialiste sur ce point. Nous faisons donc tout ce que vous avez toujours rêvé de faire et que vous n'avez jamais eu le courage de faire.

Nous, nous avons le courage de réformer, parce que c'est ce qu'attendent les Français d'un gouvernement, d'une majorité. C'est sans doute parce que vous avez tant tardé à réformer le pays, parce que vous n'avez jamais eu le courage de prendre les décisions attendues des Français, qu'ils ne vous font pas confiance et que vous avez régulièrement perdu les élections nationales. Vous devriez méditer ces exemples, au lieu de pousser des cris d'orfraie et de faire de l'obstruction pour empêcher que le débat ait lieu et que l'on s'occupe de la télévision des Français.

Cela n'est pas notre attitude et nous allons continuer à mettre en oeuvre la réforme ambitieuse du service public de l'audiovisuel. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

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