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Intervention de Alain Cocq

Réunion du 12 avril 2011 à 16h45
Commission d'enquête sur la situation de l'industrie ferroviaire française: production de matériels roulants voyageurs et frets

Alain Cocq, vice-président du Collectif des démocrates handicapés, CDH :

Représentant les personnes handicapées, quel que soit leur handicap, je commencerai par rendre hommage aux personnels de la SNCF et de la RATP, sans qui les trains ne nous seraient pas accessibles, du fait d'un défaut de structuration du matériel : les rampes d'accès étant externes, l'intervention physique de tiers reste requise.

Pour cette raison, le temps d'accès d'une personne à mobilité réduite est, en moyenne, de six à dix minutes. C'est une catastrophe pour les trains cadencés, qui subissent un retard compris entre quinze et vingt minutes quand deux personnes en fauteuil roulant veulent monter et descendre. Seule l'intégration des dispositifs au matériel nous offrirait un accès direct.

Autre problème : il n'existe qu'une ou deux places destinées aux personnes à mobilité réduite par train, alors qu'elles sont au nombre de 3,8 millions en France. Moins de 0,2 % des citoyens à mobilité réduite ont donc accès aux transports ferroviaires. Lorsque nous organisons une réunion importante, seules une ou deux personnes peuvent s'y rendre par le train.

Nous souffrons d'un problème d'accès au service public !

J'appelle, pour finir, votre attention sur le non-respect de la réglementation en vigueur pour les matériels. Le fauteuil que j'utilise est large de 66 centimètres, alors que la largeur des voies d'accès dans les TGV de première génération est de 67 centimètres. Les fabricants réduisent certes la largeur de leurs fauteuils, mais de plus en plus de personnes souffrent de handicaps acquis, de sorte que la taille moyenne des personnes à mobilité réduite est passée de 1,60 à 1,78 mètre. Or, si l'on utilise un fauteuil de 1,58 mètre, comme le mien, on se renverse quand on emprunte une pente latérale de plus de deux centimètres, avec toutes les conséquences que cela peut impliquer. Pour éviter ce risque, il faut utiliser des fauteuils de 69 centimètres de largeur, mais ce qui empêche d'accéder aux trains ! Ajoutons à cela qu'il faut descendre et tourner dans les TGV à double étage, une fois qu'on a atteint le plateau d'entrée, ce qui est absolument impossible en fauteuil électrique.

Nous demandons que le matériel soit réellement mis en conformité pour faciliter l'accessibilité des 3,8 millions de personnes à mobilité réduite. Faute de temps, je n'évoquerai pas le cas des non-voyants qui rencontrent pourtant de grandes difficultés.

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