Découvrez vos députés de la 14ème législature !

Intervention de Catherine Vidal

Réunion du 8 novembre 2011 à 16h00
Délégation aux droits des femmes et l’égalité des chances entre les hommes et les femmes

Catherine Vidal, neurobiologiste, directrice de recherche à l'Institut Pasteur :

L'article n'a pas été très bien reçu par la communauté scientifique du fait de sa méthodologie discutable : les cerveaux des hommes homosexuels étaient ceux de personnes mortes du virus du sida, or cette maladie produit des lésions dans le cerveau – on ne peut donc les comparer avec d'autres cerveaux. D'autre part, chez les autres personnes, le statut d'hétérosexuel n'avait pas été contrôlé.

Deux ans plus tard, en 1993, une expérience, toujours publié par la revue Science, a été menée par un chercheur prétendant trouver un gène associé à l'homosexualité. Ses travaux n'ont jamais été reproduits et ont même été démentis à de nombreuses reprises. Mais leur couverture médiatique a été telle qu'ils sont toujours dans les esprits. En l'état actuel de nos connaissances, il n'existe aucun argument scientifique - qu'il s'agisse de l'anatomie du cerveau, des hormones ou des gènes - qui permette de dire que l'homosexualité a une base biologique.

Mais les années 1991 à 1993 étaient l'époque de l'épidémie de Sida aux États-Unis. Les homosexuels, qui en étaient les premières victimes, cherchaient à être reconnus en tant que minorité. Ce statut leur aurait permis de prétendre à un remboursement de leurs traitements. On ne peut comprendre une publication scientifique qu'en recherchant à quelle époque et dans quel contexte elle a été publiée.

Les neurobiologistes qui en sont conscients ne sont pas forcément majoritaires. Un certain nombre d'entre eux pensent encore que la science est neutre et n'a rien à voir avec le contexte social et économique.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion