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Intervention de Pierre-Alain Muet

Réunion du 14 septembre 2010 à 11h30
Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPierre-Alain Muet :

Nous sommes heureux d'entendre ces informations économiques importantes, mais il est dommage que nous les découvrions en séance, alors que votre rapport, monsieur le Premier président, est daté de juillet.

Celui-ci montre très bien l'importance en France du niveau élevé de la protection sociale et de l'intervention publique lorsque nous sommes confrontés à une crise. Les stabilisateurs automatiques représentent 1,9 point de PIB dans notre pays, contre 1 ou 1,2 point dans les autres pays, soit près de 1 point d'écart. Leur importance est l'une des raisons pour lesquelles la France a moins souffert de la crise que les autres pays.

Le plan de relance proprement dit, au contraire, qui traduit une politique discrétionnaire, n'a rapporté qu'un demi-point de PIB. Le plus impressionnant est l'écart avec son coût : 34 milliards d'euros, soit 1,4 point de PIB. Aucun plan de relance, par le passé, n'a eu un effet multiplicateur aussi faible. En France, la relance la plus banale produit généralement un effet multiplicateur de 1 : les dépenses du plan de relance se retrouvent dans le PIB. Cet écart considérable s'explique par l'ampleur des mesures de trésorerie et les effets d'aubaine.

Ce plan de relance a été essentiellement axé sur l'investissement, à la différence d'autres plans européens. À l'époque, je l'avais qualifié d'« unijambiste », constatant qu'il oubliait l'emploi. Le taux de chômage, en Allemagne, à la veille de la récession, en juin 2008, était identique à celui de la France : 7,5 %. Aujourd'hui, il a baissé pour approcher 7 %, en dépit de la récession massive, l'Allemagne ayant connu une baisse du PIB de 5 points, supérieure à celle de la France. Cependant, notre taux de chômage a augmenté, s'établissant aujourd'hui aux alentours de 10 %. Il serait intéressant que des instituts de conjoncture et la Cour des comptes procèdent à des comparaisons internationales afin d'analyser la façon dont les différents pays ont réagi à la crise.

En tout cas, une composante emploi a très clairement manqué à votre plan de relance et il ressort de ce rapport qu'il s'est montré formidablement inefficace. Je retiens que le ministère de la relance a surtout été utile en termes de « valorisation médiatique ».

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