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Intervention de Dominique Dord

Réunion du 10 septembre 2010 à 9h30
Réforme des retraites — Article 5

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDominique Dord :

Nous ne serions pas là non plus sans doute si le Président de la République de l'époque avait eu la main un peu moins lourde, s'il s'était contenté d'avancer l'âge de départ à la retraite de soixante-cinq ans à soixante-deux ans.

Nous sommes donc là pour des raisons qui remontent à bientôt trente ans.

En la matière se posent des questions qui ont été abordées par les uns et les autres.

Les députés de gauche ont notamment avancé l'argument selon lequel le Président de la République n'avait pas annoncé une telle réforme et que, jusqu'en 2008, c'est-à-dire avant la crise, il ne s'était pas engagé sur ce point devant les Français. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Au fond, cela rejoint le débat que nous avons par ailleurs sur la nature conjoncturelle ou structurelle, démographique du problème.

En fait, il y a un peu des deux, et je ne suis pas sûr que cela mérite que l'on passe des heures sur ce sujet. En effet ce problème est à la fois conjoncturel, dans la mesure où il est lié aux effets de la crise, et structurel puisque le COR nous dit que les déficits seront très importants en 2030-2050 ce qui prouve bien que l'on ne peut s'en tenir au seul aspect conjoncturel.

Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas une faute politique ou une faute contre la France que de s'engager aujourd'hui dans cette réforme. En effet, qu'il soit conjoncturel ou structurel, ce déficit s'additionne aux autres et ne rien faire aujourd'hui au prétexte que l'on ne se serait pas engagé sur le sujet devant les Français en 2007 serait exposer notre pays à une crise plus importante encore.

En outre, vous devriez plutôt vous réjouir, mesdames, messieurs les députés de gauche, que le Président de la République prenne ce sujet à bras-le-corps, car ce n'est pas le plus populaire qui soit ! Il est sans doute plus facile de l'aborder en étant dans l'opposition qu'en étant dans la majorité.

Vous nous dites par ailleurs, et c'est assez pénible à entendre, que cette réforme est d'une grande injustice. M. Ayrault a même parlé de cynisme.

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