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Intervention de Maryse Chodorge

Réunion du 5 novembre 2009 à 8h00
Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale

Maryse Chodorge, directeur général du Centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain-en-Laye :

Premièrement, les comptes étaient faux. Avant la T2A, le mot « déficit » n'avait pas de sens en raison de l'absence de sincérité dans les comptes. Pendant dix ans, on n'a pas payé la taxe sur les salaires. Dans le secteur privé, les commissaires aux comptes n'auraient pas certifié les comptes. Il aurait fallu aussi enregistrer les charges liées à la réduction du temps de travail dans un compte hors-bilan.

Deuxièmement, le directeur devait faire avec un budget global, c'est-à-dire passer son temps à récolter le plus de crédits possibles auprès de l'agence régionale de l'hospitalisation et de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales. Reprenez les plaquettes éditées par mon prédécesseur. Elles vantaient un établissement de 1 500 ou 1 600 lits, le plus grand hôpital hors Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), aux équipements toujours nouveaux. La chute n'en a été que plus dure. C'était ce que le privé reprochait à l'hôpital public : l'équilibre n'était qu'apparent.

Les hôpitaux fonctionnaient parfaitement sous l'empire du budget global. Simplement, dans chaque région, certains vivaient au-dessus de leurs moyens. Le budget global créait une sorte d'économie de la rente. Je ne suis pas sûr d'ailleurs qu'au Centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain-en-Laye, il y ait jamais eu un vrai équilibre comptable, puisque, déjà, on n'y payait pas la taxe sur les salaires. C'est en tout cas certainement à partir de 2000-2001 que les comptes se sont progressivement dégradés.

Troisièmement, la fusion n'aurait pas dû se faire avec les gens en place. Quand on m'a nommé à Montbéliard, le directeur auquel je succédais venait de partir en retraite et le directeur de Belfort était parti à Metz. Or, on a nommé à la tête du Centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain-en-Laye le directeur de Poissy. Quand on sait la sensibilité des élus locaux, des médecins, de la population, la seule conclusion qu'ils pouvaient en tirer c'est que Poissy avait absorbé Saint-Germain. Le maire de Saint-Germain continue d'ailleurs à me demander de le protéger de Poissy – un hôpital qui n'existe plus depuis douze ans ! Confier la responsabilité de la fusion à un des acteurs en place revient quasiment à la condamner.

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