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Intervention de Philippe Martin

Réunion du 3 décembre 2008 à 15h00
Questions au gouvernement — Intervention des gendarmes dans un collège du gers

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Martin :

Monsieur le Premier ministre, tous, sur ces bancs, nous approuvons la lutte contre le fléau que constitue la drogue chez les jeunes. Tous, sur ces bancs, nous mesurons la difficulté, parfois le courage, qu'impose une telle bataille pour l'autorité publique.

Mais tous, aussi, nous savons qu'une politique n'est respectée et, surtout, comprise de nos concitoyens, que si les conditions de son application sont elles-mêmes respectables et expliquées.

On l'a vu avec l'interpellation contestable du journaliste de Libération Vittorio de Filippis. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Mercredi dernier, dans une classe de troisième du collège de Marciac, dans le Gers, l'opération menée par les forces de l'ordre avec des chiens antidrogue n'a, semble-t-il, pas obéi à cette double exigence.

Comment expliquer que Zoé, âgée de quatorze ans, ait été extraite de sa classe, devant ses camarades, parce qu'un chien avait marqué un temps d'arrêt devant son sac ?

Comment expliquer que la jeune fille ait dû ôter devant une escouade d'adultes masculins ses chaussures, ses chaussettes et son pantalon, dérouler les replis de celui-ci et la doublure de son t-shirt ? (« Oh ! » sur plusieurs bancs du groupe UMP.)

Comment expliquer que, ne trouvant rien d'autre que des gâteaux, un représentant de l'ordre fasse ce commentaire dont je vous laisse juge : « On dirait qu'elle n'a pas de hasch, mais avec sa tête, mieux vaut vérifier » ?

Comment expliquer la reprise de plus belle d'une fouille corporelle appuyée – soutien-gorge et culotte –, humiliante et traumatisante pour une jeune fille de quatorze ans ? (« Oh ! » sur plusieurs bancs du groupe UMP.)

Alors ma question est simple, monsieur le Premier ministre, simple mais grave : que puis-je dire à Zoé pour la persuader que l'état de droit, c'est aussi le respect des siens ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)

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