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Intervention de Stéphane Gompertz

Réunion du 14 octobre 2009 à 11h15
Commission des affaires étrangères

Stéphane Gompertz, directeur d'Afrique et l'Océan indien au ministère des affaires étrangères et européennes :

Sur des questions aussi importantes et aussi difficiles, je vous répondrai avec beaucoup de prudence.

Je crois que du fait même de la fragilité de sa situation, Ali Bongo sera obligé d'améliorer la gouvernance dans son pays. C'était plus facile pour Omar Bongo de laisser ces questions d'inégalités et de corruption de côté, en excipant de son rôle de faiseur de paix et de sage africain que chacun vient consulter.

La situation d'Ali Bongo est beaucoup moins solide. Sur le plan national, il a rassemblé beaucoup moins que la majorité de l'électorat. Si l'opposition avait été assez lucide pour s'unir, elle l'aurait emporté, mais les ambitions des uns et des autres l'ont empêchée de gagner – il n'est pas exclu que le PDG ait favorisé ces rivalités, mais c'est de bonne guerre. Reste qu'Ali Bongo est perçu comme le candidat d'un clan. Sur le plan international, il n'a pas l'aura et le prestige que son père devait à ses nombreuses médiations.

Lors de la campagne électorale, il a affirmé qu'il était résolu à oeuvrer pour une meilleure gouvernance. Je crois qu'il n'aura pas tellement le choix, s'il veut se créer une légitimité. Les défis sont immenses, et ce que vous avez dit, monsieur Christ, est tout à fait vrai : il est inconcevable qu'un pays aussi riche en ressources occupe le 107ème rang de l'indicateur de développement.

Quant à l'homme, madame Fort, on le connaît mal, même si nos dirigeants l'ont fréquenté quand il était ministre des affaires étrangères et de la défense. C'est certainement une personnalité complexe, plus secrète, moins extravertie que pouvait l'être Omar Bongo. Comme ministre, il a laissé le souvenir de quelqu'un d'intelligent qui connaissait bien les dossiers, en tout cas en matière de politique internationale. Il a aussi a coeur de défendre les intérêts de son pays.

Il a des facultés intellectuelles indéniables : il parle anglais et arabe, et naturellement français, beaucoup mieux, dit-on, que les langues de son propre pays, ce qui pourrait lui poser problème. Il n'est pas très populaire, mais il traite les questions à fond. Il a su se créer des amitiés à l'étranger : on le dit très proche de Mohammed VI, le roi du Maroc. Il a aussi de très bonnes relations du côté américain. Il sait cultiver ces relations, ce qui est une bonne chose, car il n'est pas de son intérêt d'apparaître comme l'homme des Français – ce qui est faux, encore une fois.

Il semble parfaitement conscient des défis qu'il doit relever. Les transitions dynastiques, si elles ne sont pas une bonne chose en elles-mêmes, conduisent parfois à des progrès. Ainsi, en RDC, Joseph Kabila est bien meilleur que Laurent-Désiré.

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