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Intervention de Anne Rebeyrol

Réunion du 27 mai 2009 à 16h00
Mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes

Anne Rebeyrol :

La circulaire de rentrée 2009, qui donne les grandes orientations pour l'année scolaire 2009-2010, a été publiée il y a une semaine. Elle comprend un chapitre consacré à la lutte contre la violence et les discriminations. En plus du rappel de l'importance de l'éducation civique et du socle commun, elle souligne l'idée que l'école – je cite le texte introductif de la circulaire – « est un lieu où s'affirme l'égale dignité de tous les êtres humains : la communauté éducative doit faire preuve de la plus grande vigilance et de la plus grande fermeté à l'égard de toutes les formes de racisme, d'antisémitisme, d'homophobie et de sexisme. Tout propos, tout comportement qui réduit l'autre à une appartenance religieuse ou ethnique, à une orientation sexuelle, à une apparence physique, appelle une réponse qui, selon les cas, relève des champs pédagogique, disciplinaire, pénal ou de plusieurs d'entre eux. »

Cette volonté de lutter contre toutes les formes de violence doit également figurer dans les règlements intérieurs. La circulaire précise explicitement que ces derniers « doivent impérativement mentionner le refus de toutes les formes de discrimination et les nommer clairement ; ainsi que l'interdiction de tout harcèlement discriminatoire portant atteinte à la dignité de la personne. Il en va de même pour les propos injurieux ou diffamatoires. » C'est un vrai pas en avant car ce règlement est la base de la communauté éducative, et de plus il est très souvent travaillé en classe : en sixième ou en seconde – souvent, dans ce dernier cas, dans le cadre de l'ECJS, l'éducation civique, juridique et sociale.

Je souhaite, par rapport au questionnaire, insister sur trois points : les programmes, la formation des enseignants, et les travaux de la convention interministérielle sur l'égalité entre les filles et les garçons et entre les femmes et les hommes dans le système éducatif.

Comme l'a rappelé Mme Neulat, le socle commun de connaissances et de compétences est aujourd'hui la base de la scolarité obligatoire, c'est-à-dire l'école élémentaire et le collège, en fonction de laquelle sont faites les évaluations. Le respect de soi, le respect des autres et le refus de l'intolérance y figurent en bonne place.

On peut souligner deux aspects dans ces programmes : la place du respect de l'autre et du refus des discriminations, mais aussi la question de la place des femmes dans la société et de leur présence dans l'histoire. Les nouveaux programmes du primaire, mis en place en 2008, ont introduit dès l'école primaire une instruction civique et morale dans laquelle sont enseignés l'« interdiction absolue des atteintes à la personne d'autrui, l'estime de soi, le respect de l'intégrité des personnes, y compris de la leur, le refus des discriminations de toutes natures ». Les élèves en fin de CM 2 doivent avoir intégré ces valeurs et les mettre en pratique.

La place des femmes dans les programmes de l'école primaire n'est pas très importante. D'aucuns se sont même plaints d'un recul par rapport au programme précédent. Ce n'est pas tout à fait vrai. Au primaire, ne sont abordés en histoire-géographie que quelques points d'appui qui seront ensuite développés au collège, où le programme est repris à l'exception de la préhistoire. Parmi les éléments abordés figurent, cependant, le suffrage universel masculin – l'ajout de l'adjectif « masculin » fait réfléchir les enfants – et le droit de vote des femmes en France.

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