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Intervention de Jean-René Marsac

Réunion du 15 juillet 2009 à 21h30
Formation professionnelle tout au long de la vie — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-René Marsac :

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, le présent projet de loi prolonge l'accord interprofessionnel du 7 janvier 2009 et fixe des objectifs que nous pouvons partager. Cependant répond-il véritablement à l'enjeu que constitue une formation accessible à tous, tout au long de la vie ? Apporte-t-il un souffle suffisant pour générer une dynamique collective de nature à faire date, à l'instar de la loi de 1971 ? Je ne le pense pas.

Bien entendu, ce texte propose des avancées techniques qui peuvent améliorer la situation : mutualisations financières, embryon d'une sécurisation des parcours professionnels, volonté de rendre plus accessibles l'information et l'orientation, portabilité du droit individuel à la formation. Toutefois, une approche essentiellement technique et mécanicienne du sujet l'affaiblit.

Pour favoriser l'accès de tous à la formation tout au long de la vie, il faudrait générer des modifications culturelles et comportementales plus fondamentales.

Il s'agirait, tout d'abord, d'introduire beaucoup plus clairement et plus fortement dans la formation initiale un savoir apprendre tout au long de la vie, sous des formes et par des voies diversifiées. Si chacun doit pouvoir changer de métier, il faut que ce concept soit intégré par tous dès la sortie du système de formation initiale.

Il importe, ensuite, de valoriser plus fortement les passerelles, les réorientations et les promotions professionnelles au cours de la vie afin de cesser de faire peser sur la première orientation scolaire un déterminisme professionnel et social qui s'imprègne ensuite très profondément dans l'esprit des moins qualifiés. L'intégration du déterminisme social, un sentiment d'échec scolaire et de dévalorisation intellectuelle constituent, parmi les moins qualifiés, un frein puissant qu'il convient de supprimer afin de créer une dynamique de formation accessible à tous. C'est ce que Bertrand Schwartz avait démontré à la fin des années soixante-dix à la suite d'enquêtes auprès d'ouvriers lorrains.

Je ne vois pas bien comment ce texte qui fait l'impasse sur la recherche sociale et l'innovation pédagogique peut produire des changements à la hauteur des enjeux et des objectifs affichés. Comme tout domaine d'activité, la formation professionnelle a besoin de recherche-développement ainsi que d'expérimentations, donc de moyens financiers pour les conduire.

Il faut aussi relier bien davantage éducation permanente et formation professionnelle. C'était l'intention du texte de 1971 et elle est aujourd'hui un peu perdue de vue. Votre texte porte en effet exclusivement, comme son titre l'indique, sur la formation professionnelle. Or comment ne pas voir que des apprentissages effectués au titre des loisirs culturels et sportifs ou dans le cadre d'une pratique associative apportent des compétences utiles à l'exercice professionnel ou alimentent un appétit de formation ?

D'ailleurs, la validation des acquis de l'expérience devrait prendre en compte ces expériences hors champ professionnel. Je suis sûr que, sur nos bancs, beaucoup d'entre nous ont valorisé professionnellement ou dans l'exercice de leur mandat ce qu'ils ont appris dans des associations. Peut-on envisager un vrai progrès dans l'accès de tous à la formation tout au long de la vie si, dans le même temps, vous réduisez considérablement les aides aux associations de l'éducation permanente et de l'éducation populaire ?

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