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Intervention de Laurent Fabius

Réunion du 28 février 2012 à 21h45
Mesures conservatoires en matière de procédures de sauvegarde de redressement ou de liquidation judiciaires — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaLaurent Fabius :

Quelques mois plus tard, c'est la défaillance, le défaut, dans les conditions que l'on sait. Deuxième carence grave. On ne peut pas dire que le Gouvernement n'ait pas été alerté : il avait organisé une table ronde et publié un plan d'action national, qui n'était pas difficile à lire, autour de trois stratégies. Aucune n'a été mise en oeuvre.

Troisième manque de vigilance : à la fin de l'année 2011, les salariés et l'intersyndicale nous informent que l'unité dite « unité d'huile », qui comprend plus de cent salariés, va fermer dans l'entreprise Petroplus, et que cette fermeture risque d'entraîner par contrecoup des difficultés extrêmement grandes pour l'ensemble de l'entreprise. Que fait le Gouvernement ? Rien. On nous parle aujourd'hui de vigilance. À l'automne 2011, la vigilance n'est pas au rendez-vous, si bien qu'à la fin de l'année, nous apprenons que la situation s'est aggravée, que les banques sollicitées n'ont pas dégagé les crédits nécessaires. La panique s'empare de l'ensemble, la direction de Petroplus veut confisquer les actifs – une action judiciaire est d'ailleurs engagée sur ce point –, et voilà que, les élections approchant, les pouvoirs publics commencent à s'intéresser à l'affaire.

Vendredi dernier, nous avons eu le plaisir d'accueillir le Président de la République dans la société, avec un certain nombre de parlementaires de la majorité, que je salue ; je disais en plaisantant que cela leur donnait l'occasion de visiter cette usine pour la première fois. Le Président de la République, dans une entrevue avec l'intersyndicale, à laquelle je m'étais joint, nous a annoncé que la société Shell, indirectement à l'origine de la difficulté, avait décidé de consacrer 20 millions d'euros, et que l'activité, au redémarrage, était assurée pour six mois.

Renseignements pris, le responsable de la société Shell qui était présent a été amené à faire un communiqué quelques minutes plus tard indiquant que les 20 millions sont dix millions et que six mois sont un grand maximum, la reprise d'activité se faisant probablement pour une période plus courte.

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