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Intervention de Alain Juppé

Réunion du 5 avril 2011 à 17h15
Commission des affaires étrangères

Alain Juppé, ministre d'état, ministre des affaires étrangères et européennes :

Hier, au moment même où le Président de la République était amené à prendre sa décision, le Premier ministre a écrit au président de l'Assemblée nationale, afin de lui faire savoir que M. Longuet et moi-même étions à la disposition de vos commissions pour donner toutes les informations nécessaires sur l'intervention. En matière d'information du Parlement, le Gouvernement a donc réagi immédiatement.

S'agissant des éléments ayant justifié l'intervention, cet extrait de la lettre du secrétariat général des Nations unies devrait vous apporter la réponse : « Comme vous le savez, la situation sécuritaire à Abidjan s'est très gravement détériorée ces trois derniers jours. Des éléments de la “garde républicaine” et des “forces spéciales” qui sont toujours loyaux à M. Gbagbo ont intensifié l'usage d'armes lourdes contre la population civile. Ces éléments ont également pris pour cible le quartier général de l'ONUCI à l'hôtel Sebroko, y compris avec des tirs de mortier et de roquettes. Les patrouilles de l'ONUCI ont été dépêchées pour protéger les civils et les convois transportant des blessés ont également fait l'objet d'attaques similaires. ». De tels faits nous ont semblé suffisamment graves pour justifier une réaction de l'ONUCI et une réponse positive à la demande du Secrétaire général des Nations unies, d'autant que nous avions nous-mêmes constaté la montée de la violence. Nous avons tiré sur des cibles militaires, conformément au mandat donné par la résolution 1975 visant à neutraliser les armes lourdes.

J'ai déjà indiqué, monsieur Candelier, quels étaient les objectifs de l'intervention ; je n'y reviens donc pas. Vous affirmez qu'une autre option était possible pour éviter les massacres. Que ne vous êtes-vous joint à la médiation de l'Union africaine afin de convaincre M. Gbagbo de cesser les violences et de quitter le pouvoir ! Sur le plan politique, nous avons tout essayé. Certains ont même estimé que l'Union africaine prenait tout son temps. Elle a sans doute eu raison de le faire, mais il vient malheureusement un moment où une décision comme celle d'hier soir doit être prise.

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