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Intervention de Philippe Goujon

Réunion du 11 février 2010 à 15h00
Projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure — Article 17

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Goujon :

…à créer une commission de sécurité, que je présidais – Mme Batho s'en souvient certainement –, et à consacrer un budget à la sécurité. M. Huchon n'en voulait pas ; c'est la droite qui l'y a obligé. Et il en a été de même dans bien d'autres endroits.

En ce qui concerne la vidéoprotection, sans vouloir prolonger un débat déjà très riche, et même s'il ne s'agit que de l'un des outils permettant d'améliorer la sécurité, je reprendrai les arguments scientifiques que M. Ciotti a brièvement évoqués Je me fonderai sur une étude de mars 2008 de l'institut national des hautes études de sécurité et sur un rapport de l'inspection générale de l'administration publié en juillet 2009, deux documents récents et complets qui constituent à peu près les seules études sur le sujet dont nous disposions en France.

Selon ces deux études, le recours aux caméras améliore le taux d'élucidation des délits ; il dissuade les délinquants potentiels de passer à l'acte ; il atténue dans certains cas la gravité du préjudice subi. Les caméras sont un outil indispensable au maintien de l'ordre public ; leur présence sécurise les interventions de police et en garantit le bon déroulement ; elle exerce un effet positif sur le sentiment d'insécurité. L'IGA rappelle également que le nombre d'agressions progresse deux fois moins vite dans les villes équipées de caméras. Voilà des conclusions scientifiques, et non improvisées, sur l'efficacité de la vidéoprotection.

La loi de 2006 qui a permis le développement de la vidéoprotection sur la voie publique, à l'initiative du Président de la République, alors ministre de l'intérieur, a également lancé un grand plan national de vidéoprotection. Nous y sommes très attachés et nous espérons qu'il sera réalisé le plus rapidement possible, afin que notre pays égale ses principaux voisins, car le retard dont nous souffrons en la matière nuit à la sécurité de nos concitoyens. La multiplication par trois du nombre de caméras est absolument indispensable, comme le plan « Mille caméras à Paris ».

Je rappelle que ce dernier plan est le fait non du maire de Paris, qui s'y est toujours opposé, y compris lors des dernières élections municipales, mais de la préfecture de police et du ministère de l'intérieur, que je remercie de cet effort. Contrairement à ce qui a été dit – et qui est exact dans d'autres départements –, sur un coût global de 250 à 300 millions d'euros, la ville n'investira que 5 millions, destinés à financer quelques travaux de voirie permettant de relier des caméras de circulation à des salles de commandement. Le reste du financement sera assuré par l'État. Il s'agit certes de la capitale, mais je tenais à rappeler cet effort du ministère de l'intérieur et de la préfecture de police.

Cela étant, et même si nous ne prenons pas le système britannique pour modèle, songez qu'à Londres, ce sont 75 000 caméras qui sont reliées à Scotland Yard ! Nous devons trouver la juste mesure entre ce niveau d'équipement et le quasi-dénuement parisien.

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