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Intervention de Yves Bur

Réunion du 23 juillet 2007 à 21h45
Libertés et responsabilités des universités — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaYves Bur :

Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, nous sommes tous d'accord aujourd'hui pour considérer que le statu quo n'est plus possible et que la réforme de l'université est une nécessité vitale. Le défi que la France doit enfin relever, avec lucidité et courage, consiste à redonner à l'université un niveau d'excellence qui lui permettra de figurer dans la bataille mondiale de l'intelligence, de plus en plus exigeante.

Nous devons y parvenir en engageant le chantier de l'enseignement supérieur, confronté au défi de la masse des étudiants dont nous savons bien qu'ils n'ont pas tous vocation, même s'ils sont bacheliers, à poursuivre un cursus universitaire qui se doit de rester exigeant. Beaucoup d'enseignants considèrent qu'il est plus que temps de proposer des solutions au défi de la démocratisation et de la massification de l'université, une massification, qui pour nombre de spécialistes, va à l'encontre d'une réelle démocratisation.

Je suis fier que le Président de la République ait placé ce chantier, qui conditionne l'avenir, au coeur de son engagement pour la France. En effet, plutôt que d'affronter cette réalité qui dérange, notre pays et les responsables que nous sommes se sont faits trop longtemps complices d'un gâchis humain considérable.

Comment sortirons-nous de ce gâchis qui touche massivement le premier cycle ? Une meilleure orientation suffira-t-elle ? Un accompagnement pédagogique renforcé sous forme de tutorat – comme vous le proposez, madame la ministre – et destiné à prendre en compte le niveau des étudiants est-il la réponse à ce constat ?

Je considère que c'est bien la qualité même de notre cursus scolaire qui est en cause et qui, dans les enquêtes d'évaluation PISA, place notre pays juste au-dessus de la moyenne de ceux de l'OCDE, alors que nous dépensons plus qu'eux. C'est bien de son amélioration que nous pourrons obtenir une meilleure préparation des élèves au passage à l'université.

La sélection reste un des tabous qu'il semble impossible de briser. Il en est de même des frais d'inscription, pourtant moins onéreux qu'un abonnement de téléphone mobile !

Puisque l'État ne semble pas en mesure d'assumer seul le coût des études supérieures, j'espère que la dynamique de l'autonomie aboutira tôt ou tard à briser ce dernier tabou pour permettre à l'Université de remplir dignement ses missions et de tenir son rang dans le contexte mondialisé.

Nous apprécions, madame la ministre, votre volonté d'engager avec détermination les chantiers qui, pour conforter l'objectif d'excellence universitaire, devront accompagner cette autonomie nouvelle. Il faudra que l'État consente dans les meilleurs délais un effort financier indispensable. Il permettra de garantir la réussite de cette nouvelle organisation de nos universités et de renforcer notre compétitivité pour attirer et fixer sur le territoire national les talents de demain. Il confortera ainsi le rang de puissance mondiale qui est encore celui de la France.

Concernant l'architecture de la réforme, dès lors que ce texte élargit l'autonomie et octroie de nouvelles libertés et donc de nouvelles responsabilités, nous devons éviter la tentation de vouloir tout organiser et tout préciser dans la loi. Je voudrais saluer le travail de notre rapporteur, qui a bien compris que cette réforme est d'abord un acte de confiance dans nos universités. Elles sauront tirer le meilleur parti du cadre que nous leur proposons.

Au carrefour de ces deux exigences, plus de moyens financiers et plus de libertés, figure la nécessité d'optimiser l'organisation de l'État. Je forme le voeuvre des initiatives.

Enfin, avant de conclure et en vous renouvelant, madame la ministre, mon soutien actif, je voudrais vous sensibiliser, au nom de mes collègues alsaciens, comme l'a fait avant moi Armand Jung, à la contrainte excessive que pourrait faire peser sur la fusion des trois établissements universitaires strasbourgeois, l'application stricte des dispositions de l'article 30 du projet de loi. L'échéancier du projet de fusion validé par le ministère prévoit que la nouvelle université de Strasbourg sera créée au 1er janvier 2009. Devoir recomposer un conseil pour chaque « ancienne » université à quelques mois de la création de la nouvelle université serait générateur de risques forts pour les progrès, et peut être même pour l'issue de ce projet ambitieux et original, dont la finalité est de créer un campus à vocation mondiale. Je vous remercie par avance de bien vouloir porter une attention particulière à cette question. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire.)

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