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Intervention de Marc Bernier

Réunion du 2 mars 2009 à 21h30
Réforme de l'hôpital — Article 15

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarc Bernier :

Avec l'article 15, nous abordons un point important, celui de la formation des étudiants en médecine et de leur répartition territoriale.

Le développement de cette spécialité qu'est devenue la médecine générale doit être assuré, et je sais que cela ne relève pas seulement de votre ministère, madame la ministre. Un renforcement du corps des enseignants de la médecine générale est impératif et urgent ; les chiffres le prouvent. En effet, pour 100 titulaires universitaires, condition indispensable pour assurer un fonctionnement normal des départements de médecine générale, il faudrait obtenir 35 titulaires par an pendant trois ans. Sachant que le lieu de formation des étudiants influe considérablement sur leur lieu d'exercice, nous sommes tous conscients de la nécessité d'intervenir à ce niveau. À cet égard, le numerus clausus régional est certainement une mesure intéressante.

Le rapport de la mission d'information insiste beaucoup sur la nécessité de favoriser les stages des étudiants auprès des médecins généralistes de premier recours, d'une part, et des structures collectives ou pluridisciplinaires, d'autre part. Toutefois il faut être conscient que, si ce point fait l'unanimité, il reste un voeu pieux si l'on ne facilite pas leur accueil par des praticiens ; or ceux-ci sont souvent débordés et peu motivés. En effet, le problème réside dans l'accueil des stages et dans le rôle des maîtres de stage.

Les stages déjà prévus dans le cursus ne fonctionnement pas à plein car les moyens prévus pour recruter, former et rémunérer les maîtres de stage sont insuffisants. Il faut prévoir une meilleure rémunération pédagogique des maîtres, afin de mieux prendre en compte le ralentissement de leur activité, notamment lorsqu'ils accueillent les externes.

Il convient, bien entendu de privilégier la réalisation de ces stages en zones sous-dotées. En ce qui concerne la définition des zones sur et sous-dotées, la mission d'information avait proposé un certain nombre de critères qui représentent mieux les réalités du terrain que celui du nombre de médecins par habitant qui ne signifie pas dire grand-chose.

Il faut, bien sûr, réduire le taux d'inadéquation entre le nombre de postes d'internat offerts et le nombre de candidats aux épreuves classantes nationales, afin de limiter le nombre de postes non pourvus. En commission, on nous a indiqué que nombre d'internes préféraient redoubler plutôt que d'accepter un poste qui ne leur convient pas. Il faut notamment être conscient que la filière de médecine générale est souvent choisie par défaut.

Il est enfin indispensable de titulariser les enseignants de médecine générale pour structurer la filière universitaire.

Les six semestres de stage que constitue l'internat en médecine ne correspondent pas du tout à la réalité. Il est nécessaire que les étudiants effectuent au moins un ou deux semestres en médecine ambulatoire. C'est une mesure de bon sens.

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